L’Assemblée nationale a décidé de passer à la vitesse supérieure, défiant ouvertement l’autorité du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, dans un dossier hautement sensible.
Au cœur de cette initiative, une proposition de loi portée par le groupe parlementaire Pastef, largement perçue comme une manœuvre politique visant à réhabiliter l’éligibilité de Ousmane Sonko. Ce dernier avait été écarté du jeu électoral après sa condamnation pour diffamation dans l’affaire qui l’opposait à Mame Mbaye Niang. Une situation que ses partisans jugent injuste et politiquement motivée.
D’après Les Échos, la procédure est désormais enclenchée. Sous la houlette du président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, le bureau parlementaire a déclaré recevable la proposition dite « Ayib Daffé ». Une étape clé qui marque le point de départ officiel du processus législatif.
Cette décision envoie un signal fort : malgré les critiques et les soupçons de « loi sur mesure », la majorité parlementaire entend aller jusqu’au bout.
Un avis présidentiel à portée limitée
Conformément à la procédure, le texte sera transmis au chef de l’État pour avis. Bassirou Diomaye Faye dispose ainsi d’un délai de dix jours pour se prononcer. Mais, comme le souligne Les Échos, cet avis semble davantage symbolique que contraignant.
En effet, qu’il soit favorable ou non, il ne saurait bloquer l’avancée du texte. Plus encore, un silence présidentiel au-delà du délai imparti serait automatiquement interprété comme un feu vert tacite. Une disposition qui réduit considérablement la marge de manœuvre du chef de l’État.
Une majorité parlementaire toute-puissante ?
Le point le plus marquant de cette séquence politique réside dans l’équilibre des pouvoirs. Toujours selon Les Échos, même l’étape de la promulgation pourrait échapper au président. En l’absence de sa signature et sans recours devant le Conseil constitutionnel, le président de l’Assemblée nationale pourrait lui-même procéder à la promulgation de la loi.
Une hypothèse lourde de conséquences, qui met en lumière une réalité institutionnelle : face à une majorité déterminée, le pouvoir présidentiel trouve ses limites. Le journal résume cette situation sans détour : « le président de la République, si puissant soit-il, ne peut rien contre une majorité parlementaire ».
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