ENTRETIEN AVEC TAL REK: PARCOURS ET ASPIRATIONS D'UN DJ ! 
ENTRETIEN AVEC TAL REK: PARCOURS ET ASPIRATIONS D'UN DJ ! 

ENTRETIEN AVEC TAL REK: PARCOURS ET ASPIRATIONS D’UN DJ ! 

Du Sénégal à Thiaroye, où le rêve de Dj Tal ou Tal Rek prend forme !  Tal détient une philosophie qui s’ouvre à un seul et unique devoir : fournir un travail à la hauteur des critères exigés. Selon ses propres mots : « Il y aura toujours certains qui vous détesteront, peu de personnes apprécieront sur le fond vos aptitudes. Cependant, si vous offrez le meilleur de vous-même, rien ne vous sera refusé ».Mais ce qu’il sait le plus important, c’est que pour survivre à ce monde complexe et ubuesque, le travail est votre seule solution. Le cinquième enfant de ses parents se veut améliorer l’industrie musicale sénégalaise, prenant en ligne de mire la musique Rap. Discuter avec Tal est une expérience impressionnante. Son discours en plus d’offrir une analyse lucide et remarquable de la musique urbaine aide à comprendre un monde compliqué où il faut être armé de sagesse et de savoir nécessaire pour réussir. Connu aujourd’hui pour être le visage de votre page people, cet homme sait réellement de quoi il parle. Sa mission : Liguey Rek ! Dj Tal ou Tal Rek à l’œuvre !

QUE FAUT-IL SAVOIR DE DJ TAL ? 

Dj Tal ou Tal Rek est né au Sénégal, et travaille pour renforcer l’industrie musicale du pays, plus précisément celle de la musique Rap. Nombreuses sont les failles qui sont souvent liées à un manque d’informations, raison pour laquelle je me forme beaucoup pour pallier ces lacunes. J’habite à Thiaroye, et je suis le cinquième enfant de mes parents. Le plus important à savoir sur ma personne c’est que je ne fais que travailler… Car mon père disait « tout le monde ne va pas t’aimer, d’ailleurs ils seront très peu à t’aimer réellement. Mais ton travail, fais-le bien, et personne ne te refusera ». Donc « Liguey rek » ! 

VOUS ETES PASSE DE RAPPEUR A ANIMATEUR DE RADIO, ALORS QU’EST-CE QUI A MOTIVE VOTRE CHANGEMENT DE CAP ?

Ma première motivation était pécuniaire, car le Rap que je faisais ne marchait pas et j’ai pu décrocher un job dans une grande radio de la place… Je suis arrivé au Sénégal en 2003 après mon BAC, et étant à l’UCAD j’ai formé un groupe de Rap nommé Xorondom, à Mbatal avec Big Mau. En 2005 nous avons monté l’un des rares home studio dans la zone, et peu après le groupe s’est disloqué et chacun à prit sa route. J’ai eu la chance d’être recruté en 2007 à Radio Nostalgie Dakar pour animer le Juke Box International aux côtés de XsideX, un pionnier du mouvement qui animait aussi l’émission de Rap Galsen sur la 90.3. Son influence m’a poussé à m’impliquer davantage sur la scène locale, et j’ai senti que je pouvais amener un changement. Big Mau m’a longtemps bercé dans le Rap Galsen et c’est alors qu’en 2013 j’ai créé le Tal Rek Show, qui était ma manière de continuer à vivre le Rap, non plus en le pratiquant mais en l’animant. Le show était explosif car j’avais l’énergie d’un jeune rappeur et l’expérience d’un ancien du mouvement. Le show passait sur Africa7 Radio de 2013 en  2015, puis j’ai fait un break car j’ai été recruté comme régisseur général à la SenTv. En fin d’année j’ai rejoint Vibe Radio Sénégal et le Show a repris de plus belle.

ON NE PARLE PLUS D’ANIMATEURS HIP HOP SANS EVOQUER VOTRE NOM. COMMENT AVEZ-VOUS REUSSI A VOUS FORGER UNE TELLE NOTORIETE ? UN MELANGE DE DURS LABEURS ET DE TALENTS INNES ?

Il faut savoir que je suis d’abord technicien de son et audiovisuel avant d’être animateur. Ce qui fait que je pense et réalise mes émissions avec des objectifs bien précis. Chaque émission est conçue puis mise à l’épreuve selon 4 axes : jeunes talents, talents confirmés, les dames à l’honneur et les anciens du mouvement. Chacun y trouvait son compte, avec un temps aménagé pour les artistes de la Diaspora. De plus, tous les métiers qui gravitent autour du Rap étaient la bienvenue. Le succès de l’émission a été accentué par ses relais sur la toile et sur les canaux digitaux, car comme tout le monde le sait la FM est aujourd’hui quasiment caduc. C’est important de noter que j’ai su mettre à profit la puissante machine marketing et promotionnelle déployée par la marque Vibe Radio. Un mélange de durs labeurs et de talents innés, assaisonné par une expérience certifiée. Notons par ailleurs qu’il y a une crise des animateurs Hip Hop que l’on compte sur le bout des doigts aujourd’hui, une chose malheureuse pour notre cher mouvement. 

 « TAL REK SHOW » A PROPULSE UN GRAND NOMBRE DE TALENTS DE LA NOUVELLE GENERATION, N’EST-CE PAS ?

Durant le Tal Rek Show, de 2015 à 2022, j’ai invité plus de 400 artistes par an pour un total de 2800 invités dans l’émission. Avant de quitter Vibe, je demandais aux gens «quel artiste mérite, et que je n’ai pas encore invité  ? » afin de souligner que quiconque, quelle que soit son origine, son rang social ou sa notoriété, était bienvenu à mon show. D’une certaine manière, je possède la plus grande base de données ou registre de Rap Galsen à ce jour. De nombreux artistes ont été révélés grâce à mes shows et performances et, aujourd’hui, ils diront tous qu’ils ont fait leur première apparition sur mon émission Tal Rek Show. Un certain nombre d’entre eux proviennent en effet de la compétition LNS, tandis que d’autres ont été révélés à travers leurs propres quartiers par le biais de « Tal Sa Kogn »… Des projets ont en a fait, et les résultats sont là aujourd’hui : l’émission Tal Rek Show a permis de recycler des talents, et de mettre en lumières de nouveaux visages.

 QUITTER VIBE RADIO A-T-IL ETE UNE TACHE FACILE ? ÉTAIT-CE FACILE DE SE REFAIRE UNE NOUVELLE IDENTITE, UNE NOUVELLE MARQUE ? 

Après 7 ans d’exercice j’ai quitté Vibe Radio. Je suis parti et le Tal Rek Show est resté. Beaucoup me connaissent à travers Vibe,  et je le dit avec une grande fierté car avec cette marque j’ai pu faire des prouesses, jusqu’à gagner des trophées. Néanmoins, il est important de rappeler que Tal Rek Show existait bien avant que Vibe ne soit créé, et Tal continue à exister même après avoir quitté Vibe. A présent j’ai créé mon propre média One Nation Tv, qui est la première télévision des cultures urbaines du Sénégal. J’ai eu un bref passage à Trace Sénégal, une expérience riche en rencontres qui m’a permis de mettre mes compétences de management d’équipe et de gestion de ressources à l’épreuve. Mon poste à Trace Sénégal m’a donné une autre approche de comment aborder ces tâches, m’a sorti de ma zone de confort et m’a poussé vers l’adaptation de nouveaux process de travail.

« 50 ANS DE HIP-HOP ! QUELLE LECTURE TAL  EN FAIT-IL ? »

50 ans de Hip Hop… bah je dirais joyeux anniversaire ! Aujourd’hui c’est le Hip hop au Sénégal qui m’intéresse réellement, et j’y mets toute mon énergie. Je suis actuellement à New York, où le Hip Hop coule à flow, mais mon cœur et toutes mes pensées sont au Sénégal. Il y a quelques années on parlait des 30 ans du Hip Hop sénégalais… mais à vrai dire nous sommes à des siècles lumières en arrière par rapport à ce que nous devrions avoir en matière de qualité sonore, de redistribution de droits d’auteur, de qualité de spectacles, entre autres. Donc les 50 ans de Hip hop c’est bien, car il y des évènements à Dakar qui en prennent compte, mais ce qui intéresse vraiment ma personne c’est le Hip Hop sénégalais.

QUID DE LA NOUVELLE GENERATION ? 

Que dire de cette nouvelle génération qui a un héritage riche en valeurs et pauvre en biens. La nouvelle génération est arrivée et a trouvé des grands martyrs, l’internet, des infrastructures et des financements libéralisés. Toujours est-il qu’ils ont apporté leur part d’innovation, dans la musique, dans leur image et sur leurs supports audiovisuels, et dans leurs prestations scéniques. De plus nous avons non seulement des artistes phares mais aussi des Beatmakers de renommés internationales, ce qui augmente notre notoriété régionale et internationale. En somme, plus d’excuses, ils ont les moyens de faire bouger les codes, donc nous attendons nos disques d’or.

 ONE NATION TV ? 

Au Sénégal, nous sommes fatigués de l’impérialisme dans le milieu urbain. Dans le monde médiatique nous avons des figures stars qui ont relevé le défis patriotique, notamment Youssou Ndour et Bougane Gueye, pour ne citer qu’eux deux. Nous qui sommes dans les cultures urbaines nous sommes contraints de remettre nos œuvres à des marques internationales pour de la promotion, car nous n’avons pas de média 100% dédié à nous. De par mon expérience et mes maigres moyens j’ai décidé d’intervenir en créant notre propre média One Nation Tv, la Première Télévision des Cultures Urbaines du Sénégal. Cette initiative doit être soutenue par tous les acteurs des cultures urbaines du Sénégal sans exception, car c’est pour nous par nous. Un staff d’une dizaine de jeunes s’est mobilisé autour de moi pour faire de ce rêve patriotique une réalité. La réussite de One Nation Tv est la réussite des cultures urbaines du Sénégal dans le monde.


COMMENT ENVISAGEZ-VOUS CONTRIBUER AU DEVELOPPEMENT DE LA CULTURE HIP HOP AU SENEGAL ?

Plus que jamais, je suis là pour aider et épauler les artistes des cultures urbaines ! Avec le développement de One Nation Tv, des formations et séances de travail sur les diverses matières du Hip Hop seront proposées, ainsi que mes émissions. En plus de l’accompagnement pour l’obtention de ses droits d’auteur.

DES PROJETS ?

Les projets à venir après le média porteront sur les formations, les évènements et le cinéma.

ANNA THIAW 

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