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POÈME D’ HOMMAGE: DORS BOUN ABDALLAH DORS

Un matin ailé se lève sur Touba la sainte et Touba dort mais les sourates ne dorment pas… Un matin miséricordieux se lève sur Touba la sainte et le silence est l’oreiller doux de chaque couchant dans ce cimetière où Boun Abdallah a choisi de faire son lit. Bakhiya le cimetière refuge pour l’éternité dort et ne dort pas ici les morts chantent et Serigne Touba nourrit les gammes du khalam et le prophète Mohamed acquiesce

 

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Un grand esprit sommeille désormais là et pour longtemps et pour toujours

Reconnais-le protège-le Ô Seigneur que près de Mohamed et son ami Serigne Touba Boun Abdallah soit le porteur d’eau et le confident

Que Dakar la vaniteuse est loin le Palais du prince loin, loin la Primature jadis où Boun officiait la file des ministres loin, loin les cortèges les sirènes et les motards rutilants, les décrets et les parapheurs loin les foules les meetings si loin, les amis aussi les frères et les sœurs Boun Abdallah dors

Et Katy pleure; la bien-aimée gémit sanglote Katy l’inoubliable compagne

Katy l’éternelle dont l’ombre sera le pare-soleil de cette tombe où dort le lion de son cœur la biche de ses pensées le clair de lune de ses peurs et doutes

La mort seule est reine elle seule gouverne sans peuple sans urne sans meeting sans grève sans prêter serment sans pouvoir de destitution sans PSE sans PROJET son hymne et son drapeau s’imposent à tous à toutes les époques depuis Adam elle seule sait rendre nos maisons et nos lits si déserts si solitaires si froids elle dicte sa loi dès toute naissance seul le souvenir de nos morts nous venge d’elle mais si peu si peu

Le jour se couche sur Touba la sainte où aucune sourate ne se couche la nuit tombe

Boun Abdallah dort mais voit et entend il nous regarde il est heureux il a quitté le pain le riz l’eau les ruses les convoitises et les mensonges et se nourrit du sourire d’Allah qui le couve et le dorlote

Seigneur fais de Boun un ruisseau clair et chantant à Tes Pieds de laine Bakhiya abrite une tombe digne et sonore et les pas des amis étaient si lents pour repartir dans le monde des vivants et quitter Abdallah qui dort mais les vivants finissent toujours par s’éloigner quel que soit leur amour seuls les morts habitent les cimetières mais ils y vivent avec les prières et l’amour de ceux qui les ont aimés

Boun Abdallah était un saphir rare; un manguier rare un chant rare comme la fidélité un temps rare comme la reconnaissance rare comme le pardon rare comme la datte écrémée du cœur

Il dort l’ami le frère le bien-aimé celui que nous avons tant aimé et que nous aimerons toujours

Elle arrive elle arrive toujours la mort; elle n’est jamais loin c’est une chasseuse qui ne guette point elle sait où est sa proie et elle attend; son heure n’est pas celle de la proie son heure est son secret à elle seule son horloge n’a pas d’aiguille

Dieu a fixé à tous les vivants l’audience en Son Palais après toute naissance la naissance est la première annonce de la mort mais puisse Son Palais être pour nous le Jardin des paons-signares et des oiseaux bleus et or du Paradis et non Sa Prison incandescente des fours crématoires

Touba la sainte abrite cet amas de terre où un fils du soleil un fils d’eau fraîche et d’âme verdoyante un fils qui n’a jamais quitté le Coran est venu dormir dans un sein doux parmi des bras nombreux des regards nombreux des amours nombreuses Boun Abdallah sait Touba la sainte sait ne pleurons point mais prions

Boun Abdallah veille désormais sur nous plus que nous ne veillons sur lui la terre de Touba Bakhiya sera sa Katy son encens son chapelet sa plume son couscous ses livres et son dictionnaire

En Son Paradis Dieu accepte d’être votre esclave vous êtes son roi Boun Abdallah dort et ne dort pas il est à la Droite du Seigneur mieux encore qu’il n’était à la droite du prince le prince est parti l’araignée est au labour et l’oubli lentement tisse sa toile

Dieu ne part ni ne vient. IL est là et a toujours été là et sera toujours là c’est nous les pauvres hères les prétentieux et vaniteux esclaves qui faisons semblant de vivre et de dominer nos semblables et le monde

Il n’existe pas de plus puissante démocratie que la mort Si elle n’a épargné ni Mohamed ni Jésus qui mais qui donc lui échappera ? Elle fréquente d’égale visite obligatoire sans audience ni permission ni visa les prophètes les saints les rois les banquiers les paysans les mendiants les nourrissons les mort-nés

Boun Abdallah dort et ne dort pas. Touba la sainte est désormais sa demeure un lieu de mémoire où un homme d’école et d’esprit un homme de vertu d’honneur et de grandeur dort dans un grand et odorant silence

Boun Abdallah est parmi les gardiens du cimetière de Bakhiya A l’entrée de la cité sainte allez là où l’ombre et la fraîcheur ont demandé au soleil de rester sous la couette Prions prions pour Mahammed Boun Abdallah Dionne…

 

Dakar, Vendredi 12 avril 2024.

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