Le journaliste François Soudan a rendu visite à Abdoulaye Wade dans sa résidence versaillaise en mai dernier. C’était quelques jours avant la date de ses 100 ans, le 29 du même mois. L’ancien chef de l’État l’accueille dans son salon, «entouré de son épouse, Viviane, et de sa fille, Sindiély».
«Peu importe si sa mémoire a des sautes d’humeur et si son audition n’est plus ce qu’elle était, il me suffit de quelques minutes de conversation pour m’apercevoir que la vieillesse, chez lui, est tout sauf un naufrage», rapporte, dithyrambique, le directeur de la rédaction de Jeune Afrique.
Les sujets pleuvent : Iran-Donald Trump, Ukraine-Vladimir Poutine, Israël-Palestine, Kadhafi, Sahel… «On parle de tout… sauf de l’actualité politique du Sénégal», geint François Soudan.
Tentant de décrypter cette réserve du pape du Sopi, le visiteur avance une hypothèse : «Abdoulaye Wade ne souhaite sans doute pas interférer dans les cérémonies officielles de l’hommage national qui lui sera rendu les 4 et 5 juin à Dakar, à l’occasion de son centenaire.»
Rien donc sur le tandem Diomaye Faye-Ousmane Sonko, «et à peine plus de la candidature de son ex-Premier ministre et successeur, Macky Sall- qu’il ne porte pourtant pas dans son cœur- au poste de secrétaire général de l’ONU», soupire le journaliste français avant de préciser que pour toute réponse, au sujet de la candidature de son compatriote à la succession d’Antonio Guterres, Wade a glissé un simple «C’est bien».
«Impénétrable», commente Soudan. Qui embraye : «En réalité, c’est à son ordinateur devant lequel il s’assied chaque matin pour écrire, qu’Abdoulaye Wade confie ses mémoires et ses réflexions, ses souvenirs de jeunesse et ses observations sur l’évolution de son pays. Des centaines de pages qu’il faudra bien un jour mettre en ordre pour transmettre aux 20 millions de Sénégalais l’héritage d’une vie dans le siècle.»
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