« Nous saluons le discours de clôture du Président de l’Assemblée nationale à l’issue de la Déclaration de politique générale (DPG) du Premier ministre. Son intervention a eu le mérite de préciser les rôles, les responsabilités et les frontières entre les différentes institutions de la République, en s’appuyant notamment sur les références d’illustres penseurs et révolutionnaires qui ont marqué l’histoire de l’humanité.
À l’instar du Premier ministre, nous ne sommes pas surpris par la posture accusatrice de certains députés de PASTEF, pas plus que par les critiques formulées par des députés de l’opposition. Ces prises de position relèvent naturellement du débat politique et parlementaire.
En premier lieu, nous avions estimé que la DPG présentée par le Premier ministre rassure par son objectivité, sa franchise et son réalisme. Elle traduit une volonté de regarder la réalité en face, de reconnaître les difficultés auxquelles le pays est confronté et d’y apporter des réponses avec responsabilité.
Tout compte fait, on peut raisonnablement présager qu’il n’y aura pas de motion de censure. Deux éléments peuvent l’expliquer. D’une part, le cap défini au sommet de l’État demeure, sur l’essentiel, communément reconnu. D’autre part, le chef de la majorité parlementaire semble vouloir rassurer et éviter que sa posture ne soit interprétée comme l’expression d’une volonté de provoquer une crise institutionnelle.
Au fond, après que le Premier ministre a, à travers la DPG, marqué son territoire politique et gouvernemental, il reviendra au Président de la République d’apprécier la situation dans l’exercice de ses prérogatives constitutionnelles, mais également à la lumière du contexte politique et institutionnel à venir, notamment de la prochaine session budgétaire.
Il devra surtout tirer les conséquences des choix opérés jusqu’ici en matière de calendrier électoral. Le retard pris dans l’assumation de la rupture politique ne saurait, en définitive, justifier que l’on continue à retarder l’horloge électorale ou à s’affranchir des exigences constitutionnelles et légales qui encadrent le renouvellement des mandats électifs…
En tout état de cause, le peuple souverain demeure le véritable régulateur de la démocratie. Encore faut-il que toutes les parties prenantes au processus électoral puissent exercer pleinement leurs prérogatives et que les institutions jouent chacune leur rôle, dans le respect de leurs compétences respectives.
Après le cap démocratique franchi en 2024, notre pays ne doit surtout pas traîner le pas dans la consolidation de la démocratie et de l’État de droit, malgré les difficultés économiques et financières auxquelles il est confronté.
La démocratie ne peut être une variable d’ajustement des contraintes du moment. Elle doit demeurer le cadre de référence dans lequel se construisent les solutions aux difficultés du pays.
Ndiaga SYLLA, Expert électoral
Président du Dialogue citoyen
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