A la rencontre de « SHEIKHA THE LEGEND »: Une voix qui chante mature !

Connaissez-vous Sheikha The Legend ? Si ce nom ne vous dit rien, alors vous manquez vraiment quelque chose ! Sa voix et sa musique sont absolument incroyables, et il n’y a aucun doute qu’elles vous laisseront sans voix. Mais plus important encore, Sheikha nous enseigne une leçon importante : tout est possible quand on croit en soi et qu’on se donne les moyens d’y arriver. Si certains l’ont découvert au sein du monde des célébrités, ce jeune prodige originaire de la médina est bien plus que ça. Avec son éloquence, sa sagesse et sa voix puissante, il captive le public à chaque fois qu’il se produit. Mais ne vous laissez pas tromper par son jeune âge, car Sheikha a déjà un parcours impressionnant. Il est doté d’un talent naturel pour la musique, et il a suivi sa passion depuis le plus jeune âge.

Sa vision unique et son approche différente de la musique l’ont amené à embrasser le chant comme aucun autre artiste de sa génération. Et c’est là que réside sa magie : sa voix est un don inné qui a rapidement attiré l’attention de nombreux mélomanes. Avec son dernier opus « Reeni Xol« , Sheikha prouve une fois de plus son incroyable talent. Ce jeune prodige moderne charme le public avec ses mélodies enivrantes et sa présence sur scène captivante. Mais ne vous méprenez pas, Sheikha n’a pas encore fini de surprendre le monde avec sa musique. Dans cette interview, il nous parle de sa passion pour la musique, de ses débuts, de ses inspirations, et bien plus encore. Alors, êtes-vous prêt à plonger dans l’univers de Sheikha The Legend ? 

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Et si vous nous parliez de vous Sheikha, de votre parcours musical ? 

 Mon nom est Cheikh Ismaila Mbaye. Je suis né à Dakar, plus précisément dans le quartier des Parcelles Assainies. Cependant, c’est à la Medina que j’ai grandi suivi toute ma scolarité. Très tôt, je me suis découvert une passion pour la musique. Je chantais partout où je passais et c’est au collège que j’ai commencé à faire des petits arrangements. Mes camarades m’appelaient même James Brown (rire). Nous passions de bons moments en jouant ensemble: moi en tant que chanteur et eux en tant que musiciens. C’est à ce moment-là que je me suis réellement intéressé à la musique.

En 2016, alors que je me promenais vers les allées du Centenaire, j’ai fait la rencontre d’un artiste, à la fois guitariste et peintre. Attiré par la guitare, je me suis approché de lui et avec le temps, nous sommes devenus amis. J’ai commencé à jouer sur sa guitare et petit à petit, je me suis pris de passion pour cet instrument. En 2018, j’ai enfin eu ma propre guitare et j’ai commencé à m’entrainer chez moi. Avec le temps, j’ai développé un intérêt pour la composition musicale. Mais je dois dire que c’est en 2016 que tout a vraiment démarré pour moi. J’étais au lycée et un ami m’a proposé de rejoindre leur groupe de rap à Pikine. J’ai commencé à les côtoyer et nous avons commencé à faire des concerts, à répéter ensemble et à écrire nos propres chansons. En 2017, lorsque j’ai eu ma guitare, j’ai commencé à m’entrainer chez moi en regardant des tutoriels sur YouTube. C’est à ce moment-là que je me suis intéressé à des genres tels que la soul, la pop folk, etc.

Cette année-là, j’ai également fait la rencontre du petit frère du chanteur Faada Freddy, qui m’a proposé de travailler avec lui. C’est d’ailleurs lui qui a été mon premier manager et qui m’a présenté à son frère Faada Freddy. J’étais très influencé par son travail et nous avons tout de suite accroché. Il s’est passé beaucoup de choses pour moi au cours de cette année. En 2018, j’ai eu l’opportunité de faire les premières parties d’artistes renommés tels que Faada Freddy, Carlou-D, Viviane et Youssou Ndour. Petit à petit, les portes des concerts se sont ouvertes pour moi. Et depuis, je continue à poursuivre mes rêves et à travailler dur pour réaliser mes ambitions.  

 Sheikha the Legend, c’est quoi le fin mot de ce nom ?  

 Sheikha c’est mon surnom qui me vient de mon homonymeun grand styliste et ami d’enfance de mon père. Et de Legend pas pour s’autoproclamer comme une légende mais j’entends par Legend l’histoire qui s’écrit parce que j’écris une histoire, une histoire qui a débuté très tôt et je suis juste en train de raconter mon histoire à travers la musique. C’est un moyen pour moi d’exprimer ce que j’ai envie d’exprimer, de dire ce dont je veux parler et de montrer à la face du monde les choses et je pense que la musique est un bon médium pour ça.  

 C’est quoi votre histoire avec la musique ?  

 Une histoire d’amour, de passion ! Depuis mon plus jeune âge, j’ai toujours été sensible au pouvoir de la musique. En tant qu’artiste né, j’avais une vision unique des choses, bien différente de celle de mes pairs. J’étais passionné par le chant et j’adorais fredonner des mélodies. Dès que je sortais de l’école, je courais directement devant la télévision pour écouter tous les hits du moment. Ces moments me ramènent à des souvenirs extraordinaires, mais ma grand-mère me rappelait sans cesse : « Tu dois te concentrer sur tes études, tu passes trop de temps devant la télé à écouter de la musique. » 

 Vous dites avoir un don vocal rare, est-ce à dire que vous ne l’avez jamais travaillé votre voix, c’est inné ?  

 Je crois que c’est un talent inné qui est en moi. Depuis mon plus jeune âge, je passais mon temps à chanter à la maison et à imiter les artistes que je voyais à la télévision, qu’ils soient Sénégalais, Américains ou Anglais. Je les reproduisais à la perfection, étonnant ainsi tout mon entourage. On me demandait souvent de les imiter, mais pour moi c’était juste un jeu amusant. Sans le savoir, je m’entraînais et je perfectionnais ma voix… 

 Que dire des débuts de Sheikha ?  

 Tel le commencement de tout artiste passionné, nous embrassons une flamme intérieure qui nous pousse à explorer et nous découvrir. Je considère que je suis toujours en début de chemin, car à chaque pas, je fais face à de nouvelles expériences qui m’enrichissent, j’apprends, je me découvre, je me cherche, et je me trouve. Et à chaque nouveau chapitre, la magie opère… 

 Comment décrire votre musique ?  

 Je décrirais ma musique comme une voix ! Une voix qui captive, envoûte et transcende. Une voix capable de vous faire chanter, danser, pleurer et rire. Une voix qui vous conseille et vous transporte vers d’autres univers. Une voix qui démontre la puissance de l’humain, de son cœur et de ses émotions. En somme, ma musique est bien plus qu’un simple son, c’est une puissante voix qui résonne en chacun de nous. 

 Qu’est-ce qui vous motive en tant qu’artiste ? 

 En tant qu’artiste, je suis animé par une force incroyable : celle de changer des vies grâce à mes paroles et à mon comportement. Même si je ne suis suivi que par quelques personnes, mes paroles et mes actions ont un impact immense. Je suis béni par les cieux de pouvoir être un messager à travers mon art. Nous sommes tous des messagers, et mon message est celui de l’amour ! 

 Sheikha qu’est ce qui selon vous fait votre particularité ?  

 Il est essentiel de comprendre que chacun possède sa propre empreinte digitale unique, ce qui nous rend tous singuliers. Pour ma part, ma culture, mon éducation, ma perspective et ma manière de voir les choses se reflètent dans ma musique, ce qui fait ma particularité. En effet, chaque individu est unique et possède ses propres caractéristiques spécifiques. 

 Votre actualité récente est marquée par la sortie de votre projet intitulé Reeni xol dites-nous en plus. Quel est le message derrière ?  

 Reeni xol est le premier opus de mon projet actuel : mon tout premier album en collaboration avec un label basé à Saint-Louis. Reeni Xol aborde le thème de l’amour, avec un grand A, ainsi que des promesses et de la sacralité qui existent dans toute relation entre deux individus. Elle parle également d’introspection et offre plusieurs niveaux de lecture. Hors du cadre du projet, cette chanson peut être interprétée différemment. Mais lorsqu’elle est intégrée à l’album, elle prend un tout autre sens. Je laisse à tous ceux qui écoutent, à tous ceux qui voient, la liberté d’écrire leur propre histoire à travers mes chansons.  

 A l’écoute de votre musique, on sent une sorte de poésie…… 

 Il y a une poésie innée dans mes écrits, car je suis un passionné de littérature et de rhétorique. Mon amour pour ces arts se reflète dans mes chansons. Avant de me lancer dans la production musicale, j’ai commencé par écrire. Cette passion transparaît dans chacune de mes lignes. Je suis fier de pouvoir allier mes deux passions et de les partager à travers ma plume. C’est là que je trouve l’inspiration et la force de toucher les cœurs. 

 Comment trouvez-vous l’environnement musical sénégalais ?  

 La musique sénégalaise a un énorme potentiel et il est temps de se mettre au travail pour l’exploiter pleinement, tant sur le fond que sur la forme. Nous ne devrions pas être à la traîne par rapport à ce qui se passe dans le monde. Nous avons tellement de talents à offrir, mais malheureusement, notre musique n’est pas présente à la hauteur qu’elle devrait l’être sur la scène internationale. C’est décourageant de constater que, malgré notre richesse musicale, nous n’arrivons pas à nous démarquer. Il est temps de sortir des sentiers battus, de laisser parler notre créativité et de mettre en valeur nos sonorités et nos rythmes uniques. Nous ne devrions pas nous contenter de répéter ce que font les autres, il est temps de laisser notre propre signature musicale.

Malheureusement, le conformisme et la médiocrité ont infiltré les médias. Nous sommes responsables de notre musique et c’est à nous, artistes, de prendre conscience de cela. Les médias doivent également jouer leur rôle en promouvant notre musique authentique et originale. Avec cette nouvelle génération en devenir, il y a de l’espoir. En tant que partie intégrante de cette génération, je peux citer des artistes prometteurs tels que Ashs the Best, Obree Daman, les Deefma Ma Def, qui ont déjà conquis le monde. Nous devons croire en notre musique, car elle est riche et moderne. Il suffit de prendre le chemin et de nous mettre en action. Oui, cela peut sembler être une prise de position politique, mais c’est mon opinion sur la scène musicale sénégalaise. 

 Des projets ?   

 J’ai plusieurs projets en cours, cette année, je me concentre sur un projet qui me tient à cœur : la création de mon album. Je suis rempli de joie de le commencer ici au Sénégal et de pouvoir le présenter en premier lieu aux Sénégalais avant de le partager avec le reste du monde. C’est grâce à l’équipe qui m’accompagne que mon rêve de faire entendre ma musique partout dans le monde devient une réalité. Enracinement avant ouverture, voici notre devise. Nous allons nous ancrer solidement ici, puis nous nous ouvrirons au monde grâce à ce projet sur lequel nous travaillons avec passion. 

 ANNA THIAW 

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