Il a été maire de la ville de Louga, et beaucoup de jeunes s’en souviennent, grâce aux nombreux projets réalisés.
Toutefois, même en dehors des affaires municipales, Maniang Faye, continue de s’occuper des affaires de la cité, comme en temoigne ce cri du coeur destiné à sauver le complexe Omar Bongo, le joyau des jeunes sportifs de la cité:
» Regardons-nous en face. Notre ville de Louga, qui fut jadis le phare politique et culturel du pays, s’enfonce aujourd’hui dans une marginalisation qui ne dit pas son nom. Là où nous jouions autrefois les premiers rôles, nous ne sommes plus que des figurants. Absence de leadership politique d’envergure nationale, déliquescence du mouvement associatif et, symbole le plus cruel de cette chute, la descente aux enfers de l’ASAC NDIAMBOUR, équipe fanion de notre football local: le constat est amer.
Le mal qui nous ronge est connu: la division. Une fragmentation systématique qui paralyse chaque projet dès qu’il émerge. Le blocage actuel autour de la réhabilitation du Complexe Omar Bongo n’est que le dernier symptôme d’une ville qui se tire une balle dans le pied au moment même où elle devrait courir pour rattraper son retard.
L’imbroglio juridique actuel _ entre une Commune détentrice du sol, un Club en quête de survie et une société privée en quête de garanties _ ne doit pas être un énième champ de bataille. Le report de la séance du Conseil Municipal consacrée à cette affaire est un signal d’alarme et une main tendue: soit nous nous unissons autour d’une convention tripartite sécurisée, soit nous condamnons nos jeunes à contempler les ruines du Complexe pendant les prochaines années.
Un point crucial doit cependant être soulevé. La société MB Concept en lice pour la reprise du Complexe est dirigée par des fils et filles de cette ville. À ce titre, leur responsabilité est double. Être un investisseur du terroir, c’est investir dans le cœur des gens, pas seulement dans le béton. Si la logique économique est compréhensible, la logique du « tout profit » est ici inacceptable. Nous demandons solennellement à ces investisseurs de revoir leurs calculs et d’augmenter sensiblement la contrepartie versée au Club. En effet, on ne peut pas spéculer sur la détresse de l’équipe de sa propre ville. Ce partenariat doit être un acte de patriotisme local, pas une simple opération de prédation immobilière sous couvert de mécénat.
Mais l’effort ne peut être unilatéral. À la direction de l’ASAC NDIAMBOUR, nous disons: la passion ne remplace pas le droit. Votre légitimité historique est indiscutable, mais elle ne crée pas de titre foncier. Refuser l’implication de la Commune dans la sécurisation du bail, c’est condamner le projet à l’abandon. Il est temps de passer de l’informel au professionnalisme. Pour exiger une subvention municipale et une plus grande part des profits de l’investisseur, le club doit garantir une gouvernance irréprochable et transparente. Accepter de perdre une parcelle de contrôle symbolique aujourd’hui, c’est gagner la survie et la grandeur du club pour les prochaines années. On ne bâtit pas un destin national sur des querelles de préséance.
Cela dit, il est maintenant impératif de sortir de cette crise. La solution est sur la table:
– D’abord l’unité politique : Que le Conseil Municipal se réunisse pour entériner une convention tripartite où chaque virgule protège les intérêts du club.
– Ensuite la transparence financière : Que tous les revenus issus de l’exploitation du Complexe soient directement indexés sur la redevance du club.
– Enfin le pacte de confiance : Que MB CONCEPT, la Commune et l’ASAC NDIAMBOUR signent ensemble, devant les citoyens, cet engagement pour le renouveau.
Notre ville n’a plus le luxe de se diviser. Si nous échouons à nous entendre sur ce projet, comment espérons-nous peser à nouveau sur les destinées de la Nation ?
L’heure est au sursaut. Pour nos couleurs, pour notre honneur, et pour l’avenir de notre jeunesse »
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Propos recueillis par Cheikh Ba
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