Interview avec Amadeus: Mon succès musical est une grâce divine
Interview avec Amadeus: Mon succès musical est une grâce divine

Interview avec Amadeus: Mon succès musical est une grâce divine

Son nom fait effet, sa voix fait voie et sa musique se fait culte dans une précocité qui désarçonne. Amadeus, pour ne pas dire l’invité de votre page people, n’est pas un Deux ex machina, mais sa révélation dans le paysage musical sénégalais n’est pas loin d’une épiphanie. Mais, trêve de préciosité. Amadeus est cette voix de stentor dont les effluves sonores bercent les oreilles mélomanes. Mais pas que ! Jeune homme de son temps, en atteste son featuring avec VJ, il n’en est pas moins un esprit éclectique. Donc à écouter chanter et parler pour des moments chants et pensées.

Un bref résumé de votre parcours

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C’est en 2013, en classe de Seconde, que tout commença. Avec ma bande de potes, nous avions rencontré un nouvel ami. Ce dernier s’amusait avec un logiciel (Audacity) permettant d’enregistrer des sons et avait produit des démos avec, ce qui était impressionnant. Il nous proposa par la suite d’enregistrer notre première chanson. Plus tard, avec ma bande, nous formions le 4BSPDL (Bokk Benn Beug-Beug Sans Peur Du Lendemain), nous montions sur scène lors des cérémonies culturelles de l’école. Nous nous sommes finalement séparés après l’obtention du bac. C’est à l’université de Saint-Louis que j’ai démarré ma carrière solo jusqu’à ce que je rencontre un producteur qui m’a beaucoup soutenu et aidé à faire mes premiers sons sur Dakar et me voilà maintenant !

En peu de temps, vous avez su vous imposer. Une explication ?

Je dirais que c’est par la grâce de Dieu ! Après j’ai quand même tout donné. J’aime la musique depuis ma tendre enfance. Je suis né dans une famille de mélomanes, mon père, ma mère tout comme mon frère adoraient beaucoup la musique. Et cela a beaucoup joué sur l’amour que j’ai pour la musique. J’ai tout fait pour ne pas ressembler à tout le monde. Je me suis démarqué de la masse depuis le début et ça m’a beaucoup aidé à aller de l’avant.

« Boul ma sagané » , « Doumala fowé »… Autant de chansons qui ont cartonné. Durs labeurs, dons ?

Quand on perce, il y a toujours la grâce de Dieu dedans. Mais me concernant je me suis toujours donné à fond, me suis sacrifié en abandonnant beaucoup de choses pour la musique. Dieu m’a donné le don de créer de la musique, de faire des chansons parce que toute idée qui émane d’un don. Nous les artistes nous apportons certes notre touche, mais il y a tout de même des idées qui viennent de l’au-delà. L’un ne peut aller sans l’autre. Don ou pas, il faut toujours se donner à fond.

Le thème de l’amour revient quasiment à chaque fois dans vos sons. Une raison particulière ?

C’est vrai (comme pour avouer) ! Le thème de l’amour revient dans tous mes écrits. Il faut savoir que je suis quelqu’un de très passionné, et je suis de ceux qui pensent que l’amour est le dénominateur commun de tous les êtres humains. On ne peut vivre sans aimer quelqu’un, chacun aime quelqu’un, quel que soit la race, la religion, l’âge. J’ai choisi l’amour parce que je trouve que c’est l’émotion qui peut arriver à transcender les âges, les religions, en autres différences. Je me sens à l’aise avec ce thème.

5,3 en 3 semaines c’est le nombre de vues qu’a cumulé votre dernier son en date « Yow Leu ». Quel est le secret qu’un tel succès, vous vous y attendiez ?

Il n’y a pas de secret, le son a été préparé sur une année. Nous avons dû faire plusieurs séances au studio (il insiste) pour perfectionner « Yow la » et c’est un beau travail a fini par porter ses fruits (dit-il humblement). Il y a eu un gros travail derrière et il a fini par payer.

Le message derrière ?

Tout le monde le connaît (rire). « Diambadio ary, Yow leu » pour dire c’est toi que j’aime, et que j’ai choisi, tu es l’élu de mon cœur. Le son parle de mariage entre jeunes plus particulièrement.

D’ailleurs comment c’est fait la collaboration avec VJ ?

De façon très naturelle ! Nous nous sommes connus sur le réseau social Instagram et de là il m’a proposé de faire le duo. A mon tour, je lui ai demandé de me l’envoyer sur Whatshap j’ai écouté et j’ai directement accroché, j’ai aimé. Puis je lui ai dit allez faisons-le ! Au studio, le courant est vite passé entre nous et nous sommes devenus potes, très complices. VJ c’est quelqu’un qui aime beaucoup partager, un artiste dans l’âme. Le partage et la collaboration en 2023 c’est la clé du succès.

Qu’est ce qui fait la particularité d’Amadeus?

Ma particularité heuuuuhh, (dit-il comme pour chercher ses mots) je dirais que c’est le fait de rester moi-même. J’essaie de ne ressembler à personne d’autre que moi-même. J’essaie aussi de parler notre wolof de la plus belle des manières, de rester le plus poétique possible en puisant au plus profond de ma langue.

Quid de votre style musical ?

Ma musique se rapproche beaucoup plus de la pop, de la world music. Après, faut savoir que je n’ai pas vraiment de style de musique. I just follow the vibes « Je suis juste les vibrations ». Je suis le feeling, je vais là où il me mène.

Qu’est-ce qui vous inspire en tant qu’artiste ?
Je m’inspire de la vie, de mon quotidien, du vécu avec mes proches (amis, familles). Je m’inspire de ce que l’on me raconte, de ce que je vois dans la rue.

Un mot sur le phénomène de l’immigration

Ce n’est pas une mauvaise chose en soi le fait d’immigrer mais si et seulement si cela se fait de manière légal. Ce qui est fatal c’est d’avoir recours aux pirogues pour y parvenir. Du fait du chômage, on ne peut pas interdire aux jeunes de le faire. Le système leur a imposé leurs études en les orientant dans des filières qu’ils ne voulaient pas forcément suivre pour enfin ne pas leur donner l’emploi qui suit. C’est malheureux et frustrant d’avoir son diplôme en poche et de peiner à trouver un emploi. C’est d’ailleurs ce qui pousse ces jeunes à prendre les pirogues. Ils ont le droit de partir ce que je ne cautionne pas c’est le fait de prendre les pirogues.

Des projets en vue ?

Oui bien évidemment. J’ai un EP à faire sortir le 8 Septembre prochain. Un projet de 9 titres intitulé « Am ma may la ». Ce sera l’occasion pour moi de faire plonger le public dans mon univers et par la même occasion de les préparer à la sortie de mon album. « Am ma may la » disons, sera un avant-goût. Restez juste scotché et surtout prenez le temps de bien l’écouter.

ANNA THIAW

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