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Le plaidoyer d’Anne Françoise Mossane Manga : Pour une Afrique industrielle, scientifique, technologique et prospère

L’Afrique entre dans une période décisive de son histoire. Dotée d’immenses ressources naturelles, d’une population jeune et dynamique ainsi que d’un potentiel scientifique considérable, elle possède tous les atouts nécessaires pour devenir l’un des principaux pôles industriels, technologiques et scientifiques du monde au cours du XXIe siècle. Son développement ne doit plus uniquement reposer sur l’exportation de ses matières premières, mais également sur leur transformation locale, l’innovation, la recherche scientifique et la création massive d’emplois qualifiés.

L’industrialisation constitue aujourd’hui l’un des plus grands défis et l’une des plus grandes opportunités pour le continent africain. Elle représente un levier essentiel de croissance économique, de réduction du chômage, de lutte contre la pauvreté et de renforcement des capacités scientifiques et technologiques des États africains. Une Afrique industrielle est une Afrique qui produit, transforme, innove, forme sa jeunesse et participe pleinement aux grandes avancées scientifiques mondiales.

Dans cette perspective, nous devons créer des usines d’aéronefs militaires au Mozambique, au Tchad, en Ouganda, en Guinée-Conakry, au Mali, au Malawi, en Zambie, en Guinée-Bissau, au Soudan, aux Comores, en Gambie, en Somalie, au Lesotho, au Burkina Faso, au Cameroun, en Égypte, en Guinée équatoriale, à Madagascar, aux Seychelles, en Eswatini, au Rwanda, au Soudan du Sud, à Sao Tomé-et-Principe, au Gabon, au Niger, en Éthiopie, au Libéria, à l’Île Maurice, au Sénégal, en Namibie, au Congo-Brazzaville, au Bénin, en Érythrée, au Togo, en Libye, au Zimbabwe, en République centrafricaine, en Côte d’Ivoire, au Kenya, au Maroc, en Afrique du Sud, au Nigéria, en Tunisie, au Botswana, en République démocratique du Congo, au Ghana, à Djibouti, en Angola, en Mauritanie, au Cap-Vert, au Burundi, au Sahara occidental et en Algérie. Ces industries permettront notamment de développer les compétences africaines dans les domaines de l’aéronautique, de la mécanique de précision, de l’électronique, de l’ingénierie industrielle et de la recherche scientifique.

Nous devons également créer des usines d’avions militaires utilisant des technologies innovantes fondées notamment sur l’énergie solaire et/ou électrique à forme modifiée, des usines d’hélicoptères militaires utilisant des technologies similaires, des usines d’avions civils ainsi que des usines d’hélicoptères civils utilisant des technologies innovantes adaptées aux besoins futurs des transports aériens dans les mêmes pays. Ces investissements permettront de développer des pôles africains d’excellence scientifique et industrielle et de former des milliers d’ingénieurs, de techniciens supérieurs et de chercheurs africains.

L’Afrique doit également devenir un acteur majeur des industries électroniques et numériques. Des usines d’ordinateurs à base d’énergie solaire et/ou électrique devront être implantées au Sénégal, en Libye, au Zimbabwe, en République centrafricaine, en Côte d’Ivoire, au Kenya, au Maroc, en Afrique du Sud et au Nigéria. Des usines de téléphones portables devront être développées au Sénégal, en Guinée équatoriale, au Burkina Faso, au Zimbabwe, à Madagascar, à l’Île Maurice et en Éthiopie. Ces industries contribueront au développement des technologies africaines et à la démocratisation des outils numériques sur l’ensemble du continent.

Des usines de réfrigération à base d’énergie solaire et/ou électrique devront être créées au Sénégal, au Mozambique, au Tchad, en Ouganda, en Guinée-Conakry, au Mali, au Malawi, au Bénin et à Sao Tomé-et-Principe. Des usines de machines à laver devront être implantées au Sénégal, en Zambie, en Guinée-Bissau, aux Comores, au Togo, en Gambie, au Botswana et au Lesotho. Des usines de téléviseurs devront être développées au Sénégal, en Angola, en Mauritanie, au Soudan du Sud, au Rwanda, au Maroc et au Gabon. Des usines de ventilateurs devront être créées au Sénégal, au Burundi, au Sahara occidental, en Algérie, en Namibie, au Cap-Vert et en Gambie. Des usines de climatiseurs devront être implantées au Sénégal, aux Seychelles, au Cameroun, en Côte d’Ivoire, en Eswatini, au Malawi et au Ghana. Des usines de radios devront être développées au Sénégal, en Afrique du Sud, au Nigéria, en Somalie, en Mauritanie, en Gambie et au Libéria.

Le développement des industries agroalimentaires constitue également une priorité stratégique pour l’Afrique. Des usines de transformation des produits laitiers devront être implantées partout en Afrique afin de renforcer la sécurité alimentaire du continent et de valoriser les productions locales. Des usines de transformation des produits halieutiques, notamment des poissons et des crevettes, permettront d’accroître la valeur ajoutée des productions locales et d’améliorer les revenus des populations. Des unités spécialisées dans le séchage des poissons, des crevettes et du « yet » devront également être créées afin de soutenir les activités économiques locales.

L’agriculture africaine devra également bénéficier d’investissements importants dans les industries de transformation des produits fruitiers en boissons naturelles et juteuses. Ces industries permettront non seulement de réduire les pertes post-récoltes, mais également d’accroître les exportations africaines et de créer des milliers d’emplois dans les zones rurales.

Des usines de fabrication de pavés devront être implantées dans toutes les régions africaines afin d’améliorer l’assainissement des villes et des villages, de moderniser les infrastructures routières et de contribuer à l’embellissement des espaces publics. Ces investissements participeront également au développement des économies locales et à la création de nombreux emplois.

L’industrialisation africaine doit impérativement s’accompagner d’un important transfert de technologie. Les États africains, les universités, les centres de recherche et les partenaires industriels devront travailler ensemble afin de favoriser l’acquisition des compétences scientifiques, technologiques et industrielles indispensables au développement du continent.

Par ailleurs, nos universités locales doivent devenir de véritables universités africaines accueillant des étudiants provenant de l’ensemble du continent avec des frais d’inscription harmonisés et accessibles. Nos écoles publiques d’ingénierie doivent être ouvertes aux étudiants étrangers afin de former une nouvelle génération de scientifiques, d’ingénieurs, de chercheurs, d’entrepreneurs et de décideurs africains capables de relever les défis du développement durable et de l’innovation.

Enfin, les hommes et les femmes d’affaires africains porteurs de projets industriels doivent bénéficier d’un accompagnement renforcé à travers des politiques publiques ambitieuses favorisant le financement, la formation, la recherche scientifique et l’investissement productif.

L’Afrique possède déjà les talents, les ressources et les compétences nécessaires à sa transformation. Il lui appartient désormais de construire les fondations de sa souveraineté industrielle, scientifique et technologique. Notre ambition doit être celle d’une Afrique qui crée des millions d’emplois, valorise ses ressources, développe ses propres technologies et participe pleinement aux grandes avancées scientifiques mondiales. C’est en investissant dans l’industrie, l’éducation, la recherche et l’innovation que nous bâtirons une Afrique prospère, solidaire et tournée vers l’avenir.

Anne Françoise Mossane Manga

 

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