Un incident protocolaire a émaillé la cérémonie officielle du festival Pencum Niany, à Koumpentoum. Deux députés du parti Pastef, Moussa Mbaye et Awa Sow, ont refusé de se lever à l’arrivée du préfet du département, Safiatou Joséphine Dieng, rompant avec les usages habituels de courtoisie institutionnelle.
Selon des sources médiatiques locales, l’autorité administrative leur aurait alors demandé de se conformer au protocole ou de quitter la tribune officielle, provoquant un moment de tension au sein de cet événement culturel. L’affaire, largement relayée sur les réseaux sociaux, continue de susciter des réactions contrastées.
Au Sénégal, un député n’a aucune obligation hiérarchique de se lever pour saluer un préfet, car le député est un élu du peuple (pouvoir législatif) tandis que le préfet est un fonctionnaire nommé (pouvoir exécutif).
Voici les précisions concernant le protocole et la hiérarchie au Sénégal, conformément aux pratiques de l’administration sénégalaise :
- Absence de lien de subordination
Il n’existe aucun rapport de hiérarchie directe entre les deux fonctions. Le député représente la souveraineté nationale à l’Assemblée nationale, alors que le préfet assure la représentation de l’État et du Président de la République dans le département. En public, ils se doivent un respect mutuel basé sur la courtoisie républicaine, mais l’élu ne doit pas de « salut de subordination » au fonctionnaire.
- L’ordre de préséance au Sénégal
L’ordre des préséances lors des cérémonies officielles au Sénégal est régi par le Décret n° 2011-489 (modifiant le décret n° 96-404). Ce texte classe les autorités selon leur rang protocolaire :
Le Député : Il occupe un rang très élevé dans la hiérarchie nationale. Dans sa circonscription, il est souvent placé juste après les membres du Gouvernement ou les hautes autorités constitutionnelles.
Le Préfet : Bien qu’il incarne l’autorité de l’État et préside les cérémonies départementales, son rang administratif ne lui donne pas de préséance sur un représentant du peuple.
- Les usages protocolaires
Si le député choisit de se lever, c’est un geste de courtoisie personnelle ou une marque de respect pour l’institution que le préfet représente (le Président de la République), mais ce n’est en aucun cas une exigence du protocole républicain sénégalais. À l’inverse, lors d’une session à l’Assemblée nationale, c’est l’administration qui s’incline devant la souveraineté des députés.
Sources de référence :
Journal Officiel du Sénégal : Décret n° 2011-489 relatif aux préséances et honneurs publics
Gouvernement du Sénégal : Rôle et attributions du Préfet de département
Assemblée Nationale du Sénégal : Règlement intérieur et statut du Député
Sénégal Emergent : Le guide du protocole et des usages
Deux anciens parlementaires, Cheikh Oumar Sy et Adji Mbergane Kanouté, ont réagi à l’incident de Koumpentoum opposant deux députés Pastef à l’autorité préfectorale du département. Leur position est unanime.
En effet, le député a la préséance sur le préfet. Le premier rappelle que l’Assemblée nationale est la deuxième institution de l’État, le second qualifie l’attitude de la préfète d’abus de pouvoir, soulignant qu’aucun élu n’est tenu de se lever devant un fonctionnaire nommé.
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