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ESCROQUERIE: Un charlatan soutire 6 millions francs à une dame qui voulait marabouter sa co-épouse

Mohamed F. alias Oustaz Fall, un père de 25 enfants, âgé de 61 ans, a été condamné hier, à un mois ferme, après avoir été reconnu coupable de charlatanisme et d’escroquerie. Condamné à un an ferme par le passé pour des faits similaires, le prévenu a soutiré 6 millions francs à sa victime qui voulait briser le ménage de sa co-épouse. 

Certains ménages polygames sont minés par des pratiques occultes. Pour nuire à leur coépouse, certaines femmes prennent l’attache d’un charlatan. Après plusieurs années de mariage qui lui a donné trois bouts de chou, Ndèye Birame N. a vu son mari convoler en troisièmes noces. Animée par la jalousie, la mère de famille qui occupe le rang de deuxième femme, a requis les services de Mohamed F. alias Oustaz Fall. Elle dira à ce dernier qu’elle souhaite que la nouvelle épouse de son mari divorce.

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À défaut qu’elle ait la mainmise sur son conjoint au détriment de ses coépouses. Mais, mal lui en a pris. Dès que Ndèye Birame a utilisé les bains mystiques que le « faiseur de miracles » lui a remis, elle aurait perdu la raison. C’est dans ces circonstances qu’elle a été dépouillée de 6 millions francs. Traduit en justice pour escroquerie et charlatanisme, Oustaz Fall a été jugé ce mardi 30 mai, à l’audience des flagrants délits de Dakar. Marié à trois épouses et père de 25 enfants, le prévenu a assumé son statut de charlatan.

A l’en croire, il soigne le cancer, l’insuffisance rénale, la stérilité… Toutefois, Oustaz Fall a réfuté le montant du préjudice, alléguant que la partie civile lui a versé 2,9 millions francs. « J’ai sorti plusieurs offrandes en guise de sacrifices. J’ai acheté 11 chèvres à 100.000 francs l’unité », a-t-il confié. Prenant la parole, le substitut du procureur a rappelé au sexagénaire qu’il a été condamné à un an ferme pour les mêmes faits. « Si tu avais du pouvoir, tu n’allais pas encore comparaître devant cette barre », a-t-il lancé.

Abondant dans le même sens, l’un des assesseurs a demandé au prévenu pourquoi il ne parvient pas à retrouver la santé. En guise de réponse, Oustaz Fall qui avait bénéficié d’une grâce après neuf mois de détention, a révélé qu’il souffre de trois pathologies (diabète, hypertension et cardiaque), mais ses connaissances ne lui permettent pas de les soigner. « C’est à la Division des investigations criminelles (Dic) que les enquêteurs m’ont fait savoir que le fait de donner des potions magiques à quelqu’un est interdit par la loi. Je ne compte plus récidiver », a-t-il promis au juge. Dans un premier temps, Ndèye Birame N. a tenté de faire croire au tribunal qu’elle a sollicité les services du prévenu pour soigner ses maux de tête, après avoir fait le tour de plusieurs hôpitaux. « Je l’ai connu par l’intermédiaire de ma nièce. 

Lors de notre entretien téléphonique, il m’a réclamé 60.000 francs. Une fois chez lui, je lui ai donné un acompte de 45.000 francs. Après une séance de voyance, il m’a remis de l’eau bénite. Dès que je me suis baignée sur les lieux, j’ai perdu connaissance. C’est ainsi qu’il a commencé à me demander de fortes sommes d’argent », affirme-t-elle. Sur insistance du conseil de la défense, la partie civile a finalement avoué son intention sournoise, déclarant que c’est le prévenu qui lui a recommandé de marabouter sa co-épouse. Son avocat a réclamé 10 millions francs, à titre de dommages et intérêts.

Le parquet a demandé l’application de la loi. Me Abdoulaye Tall a souligné que le prévenu n’est pas tenu par une obligation de résultat. « C’est une personne de bonne foi. Ce n’est pas parce qu’il est malade qu’il ne peut pas soigner quelqu’un. Une condamnation sévère risque d’avoir des conséquences sur sa famille.

La partie civile ne lui souhaite pas la prison. Elle veut rentrer en possession de son dû », a insisté le conseil de sa défense. À l’issue des débats, le juge a prononcé une peine d’un mois ferme à l’encontre du prévenu, lequel a été mis sous mandat de dépôt le 19 mai dernier. Mohamed F doit également payer 4 millions francs à la partie civile. 

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