Le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, a procédé, hier à l’Assemblée nationale, à l’occasion du débat d’orientation budgétaire, à la présentation du Document de programmation budgétaire économique pluriannuelle (Dpbep). Selon Cheikh Diba, la croissance économique est projetée à 3,2% en 2026, en baisse de 1,8 point de pourcentage par rapport à la Loi de finances initiale (Lfi). Et le déficit budgétaire de 2025 a été contenu à 6,4 % du Pib, nettement en-deçà de la cible de 7,8% fixée dans la loi de finances rectificative (Lfr) et devrait s’améliorer en 2026, malgré la crise. Ce qui confirme, dit-il, la crédibilité de l’effort de consolidation engagé.
Les recettes du budget projetées à 18.286,0 milliards sur la période 2027-2029
Sur la période triennale 2027-2029, Cheikh Diba révèle que les recettes du budget général sont projetées à 18.286,0 milliards francs Cfa, constituées de recettes internes pour 17.654,8 milliards et des recettes externes pour 631,2 milliards. A l’en croire, les recettes internes se sont inscrites sur une tendance haussière passant de 5527,0 milliards en 2027 à 6224,2 milliards en 2029, soit une progression annuelle moyenne de 6,1%. Cette évolution s’explique, dit-il, par les ressources attendues de la mise en œuvre des réformes du Code général des impôts et du Code des douanes ainsi que de la mise en œuvre intégrale des mesures du Pres. Concernant les ressources externes, elles passeraient de 201,4 milliards à 220,2 milliards, soit un rythme de progression annuel de 4,6%.
703,2 milliards de recettes attendues de l’exploitation des hydrocarbures dont 397,8 milliards en 2027
Quant aux recettes issues de l’exploitation des hydrocarbures, le ministre explique que les projections ont été revues à la lumière des récentes perturbations notées sur le marché pétrolier. Ainsi, un montant global de 703,2 milliards a été ciblé, soit 397,8 milliards en 2027, 168 milliards en 2028 et 137,4 milliards en 2029.
Les dépenses projetées à 21.190,8 milliards
Les dépenses du budget général sont projetées globalement à 21.190,8 milliards sur la période triennale composées des dépenses courantes d’un montant de 13.350,6 milliards et des dépenses d’investissement d’un montant de 7840,2 milliards. Elles s’inscrivent sur une tendance haussière passant de 6888,5 milliards en 2027 à 7238,9 milliards en 2029, soit une progression annuelle moyenne de 2,5%. Selon le ministre Cheikh Diba, cette hausse est imputable à la fois aux dépenses courantes et aux dépenses d’investissement. Et, les dépenses courantes se situeraient à 4326,3 milliards en 2029 contre 4485,7 milliards en 2027, soit une baisse de 159,4 milliards (-3,6%) sur la période.
Les intérêts sur la dette payés à hauteur de 1303,9 milliards en 2027
Il ressort du Dpbep présenté par le ministre des Finances que les intérêts sur la dette publique seraient payés à hauteur de 1303,9 milliards en 2027 et de 1061,4 milliards en 2029, soit une baisse de 242,5 milliards. Les dépenses de personnel sont projetées en hausse de 116,4 milliards sur la période 2027-2029, passant de 1587,7 milliards à 1704,1 milliards. De l’avis de Cheikh Diba, cette progression prend en compte l’évolution indiciaire, l’intégration de professeurs et maîtres contractuels dans la fonction publique ainsi que les recrutements. Le ratio « masse salariale sur recettes fiscales » serait en-deçà du critère fixé par l’Uemoa à 35%. Il serait de 30,56% en 2027, 29,50% en 2028 et 29,11% en 2029. Les acquisitions de biens et services baisseraient sur la période de 8 milliards au moins, du fait des efforts de rationalisation des dépenses de fonctionnement de l’administration centrale.
Les dépenses d’investissement en hausse de 509,7 milliards entre 2027-2029
Les transferts courants y compris les subventions à différents secteurs ainsi que les transferts aux ménages, passeraient de 1220,3 milliards en 2027 à 1195 milliards en 2029, soit une baisse de 25,3 milliards, grâce aux efforts de rationalisation des subventions et des transferts au profit des entités du secteur parapublic. S’agissant des dépenses d’investissement, elles passeraient de 2 402,8 milliards en 2027 à 2912,6 milliards en 2029, soit une hausse de 509,7 milliards. Cette évolution est portée à la fois par les dépenses d’investissement sur ressources internes (460,4 milliards) et celles financées sur les ressources externes (49,3 milliards). En ce qui concerne les Comptes spéciaux du Trésor, ils sont positionnés en équilibre sur la période 2027-2029 et sont globalement estimés à 941,9 milliards, soit 353,7 milliards en 2027, 289,9 milliards en 2028 et 298,3 milliards 2029. Ce qui lui fait dire que les dépenses de fonctionnement vont baisser de 159 milliards de francs sur la période triennale. A l’en croire, cette réduction n’est pas le résultat d’une politique d’austérité qui toucherait les populations, mais résulte d’une rationalisation et d’un meilleur ciblage des subventions, d’une rationalisation des transferts courants et d’une meilleure maitrise de la dette publique et de la masse salariale de l’État. A l’inverse, les investissements publics progresseront de 510 milliards de francs sur la même période, pour un total de dépenses en capital atteignant 7840 milliards de francs.
Le déficit va atteindre 4,9% en 2027, 3,8% en 2028 et 3,0% en 2029
Si le déficit a été réduit à 6,44% du Pib en 2025, il va atteindre, de l’avis de Cheikh Diba, 4,9% en 2027, puis 3,8% en 2028, et enfin 3,0% en 2029 conformément à la norme communautaire de l’Uemoa qui fixe le plafond du déficit à 3% du Pib. Ce déficit sera justifié exclusivement par les dépenses d’investissement. En effet, sur la période 2027-2029, l’État dégage un solde net de gestion (recettes de fonctionnement sur dépenses de fonctionnement) moyen de 1760 milliards pour financer ses dépenses d’investissement.
Le besoin de financement culmine à 19.689 milliards sur la période du Dpbep
Sur la période du Dpbep (2027-2029), le besoin global de financement de l’économie est estimé à 19.689,4 milliards, soit une moyenne annuelle de 6563,1 milliards. Ce besoin de financement est imputable principalement à l’amortissement de la dette qui représente 77,26%, à la couverture du déficit avec 14,8% du besoin, ainsi que les arriérés sur ressources intérieures. Ce financement, explique le ministre, sera couvert essentiellement par la mobilisation des emprunts projets et les autres emprunts. Pour favoriser une mobilisation plus importante de ressources concessionnelles disponibles auprès des partenaires techniques et financiers classiques et améliorer la gestion de la dette, la stratégie retenue est fondée, selon le ministre, sur une gestion saine de nos finances publiques. Et la modalité de financement relative aux contrats de Partenariat public-privé (Ppp), dit-il, est fortement encouragée dans cette stratégie.
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