Le tribunal d’Instance de Mbour a jugé, jeudi dernier, une affaire de violences conjugales d’une rare violence entre coépouses. En cause: une canette de boisson refusée, le lendemain de la Korité.
Elles partagent le même mari, mais pas la même colère. Le tribunal d’Instance de Mbour a jugé, jeudi dernier, une affaire de violences conjugales d’une rare violence entre coépouses. En cause: une canette de boisson refusée, le lendemain de la Korité.
F.S. Sow, première épouse d’un émigré mbourois installé en Europe, reçoit un parent à son domicile conjugal, dans le quartier Guinaw Rail. Elle se tourne alors vers sa coépouse, M. Dioum, chargée de gérer les provisions des fêtes, pour obtenir une canette. Refus catégorique: «Il n’y en a plus. La dernière a été bue par mon fils de 8 ans.» F.S. Sow n’y croit pas. Selon elle, les trois caisses achetées par leur mari ne peuvent être déjà vides. Elle y voit une humiliation délibérée. Les mots s’enveniment dans la cuisine, alors que la seconde épouse prépare le déjeuner.
En quelques secondes, la dispute bascule. La première saisit un pilon et assène deux coups dans le dos de sa rivale. Sous le choc, M. Dioum perd connaissance et s’effondre. Ce n’est pas fini: avec un objet tranchant non identifié, elle lui lacère la mâchoire gauche. Ce sont les voisins, alertés par les cris, qui parviennent à tirer la victime des griffes de son agresseur. Transportée d’urgence à l’hôpital Thierno Mouhamadoul Mansour Barro de Mbour, M. Dioum obtient un certificat d’incapacité temporaire de travail (ITT) de dix jours. Choquée, elle dépose plainte au commissariat urbain de Diameguene. F.S. Sow est arrêtée et placée en garde à vue, puis incarcérée à la Maison d’arrêt et de correction de Mbour.
À la barre, la prévenue change de version. Elle nie les coups de pilon et la lacération. «Je l’ai seulement giflée pendant la bagarre», soutient-elle tout en reconnaissant avoir «profondément regretté» son geste. Elle évoque les «caprices» et la «manipulation» de sa coépouse, mais finit par se confondre en excuses. Surprise, la victime lui accorde son pardon et renonce aux dommages et intérêts. Elle exhibe néanmoins les photos de ses blessures à l’audience et réclame, avant tout, du respect et une cohabitation apaisée. Le procureur, lui, demande l’application de la loi. Au terme des débats, le juge reconnaît F.S. Sow coupable des faits et la condamne à quatre mois de prison avec sursis. Une peine qui a soulagé la prévenue, mais laissé le public partagé.
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