En mission d’assistance technique à Djibouti depuis près d’un an, j’ai eu le privilège de vivre de l’intérieur la journée électorale du vendredi 10 avril 2026. Ce que j’ai observé, aujourd’hui, m’inspire une réflexion profonde en tant que Sénégalais, fier de notre héritage démocratique mais conscient des soubresauts qui agitent parfois nos processus électoraux où la ferveur politique dérape malheureusement trop souvent en émeutes regrettables.
Le spectacle est tout autre à Djibouti car j’ai découvert une nation habitée par une discipline et un sens de la sécurité qui forcent le respect. Le peuple djiboutien a su faire entendre sa voix avec une unité et une responsabilité remarquables. Les résultats provisoires, créditant le Président Ismaïl Omar Guelleh (IOG) de plus de 97,8 % des suffrages contre 2,1 % pour le candidat Mohamed Samatar Farah, confirment un élan de plébiscite sans équivoque. Ce renouvellement de confiance pour un sixième mandat, parfaitement en phase avec les dispositions constitutionnelles, est perçu ici comme une garantie de pérennité sociale et économique, portant un espoir de stabilité indispensable pour toute la Corne de l’Afrique. Ce scrutin, marqué par une transparence digne des grandes démocraties, prouve que la continuité est ici un choix de raison porté par toutes les strates de la société.
Des l’aube de ce scrutin, tout observateur constate l’expression d’un civisme assimilable à une véritable affirmation de l’identité nationale. Cette mobilisation massive des femmes, sentinelles des valeurs sociales, et des aînés, dépositaires de la mémoire du pays, a agi comme une consigne morale pour une jeunesse qui a délibérément choisi la dynamique de construction plutôt que le déchirement de la contestation. Ce plébiscite n’est pas le fruit du hasard mais l’adhésion à une doctrine de developpement pragmatique. Il y a à peine quinze ans, Djibouti partait d’un horizon complexe alors qu’aujourd’hui, le pays s’est métamorphosé en un hub logistique incontournable grâce à la transformation radicale des infrastructures portuaires et l’extension de l’accès à l’énergie et à l’eau. A l’espace d’une décennie, le PIB a doublé grace aux investissements massifs structurant qui frisent le miracle, au vu du niveau de développement!
L’option stratégique du President a été aussi de sanctuariser la stabilité et garantir une sécurité des investissements privés devenue légendaire.
Dans une région tourmentée, jouir d’une quiétude quotidienne où la sécurité des biens et des personnes est une réalité absolue, épargnée par la délinquance urbaine comme à Dakar et à Abidjan, les cambriolages ou les agressions, est un acquis social majeur. Si le chemin parcouru est immense, les Djiboutiens ont voté pour cette paix positive, un socle indispensable sur lequel s’édifie la prospérité de demain.
Nous devons en toute humilité avouer que Djibouti offre un exemple inspirant pour l’Afrique en prouvant qu’un développement moderne peut etre entrepris sans travestir ses croyances religieuses, ni renier ses us et coutumes. En posant ses fondements sur ses propres valeurs et sa foi, la nation a su concilier progrès technique et authenticité spirituelle. Cette discipline collective que j’ai pu constater à travers le témoignage de présidents de bureaux de vote, témoigne d’un peuple qui a compris que la dignité d’une nation repose sur sa capacité à se construire selon son propre génie.
Bravo au peuple djiboutien pour cette leçon de sagesse qui honore notre continent.
Tous nos encouragement au candidat MSF et félicitation au President IOG !
*Mayacine CAMARA, Koungheul Sénégal
Économiste-
Statisticien
Ancien ministre,
Ancien Maire de Koungheul.
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