Montant global engagé, état d’avancement du chantier, raisons du blocage actuel : dans son entretien accordé à Walfadjri, José Gonzales, d’AEE Power EPC pointe du doigt le ministre des finances Cheikh Diba et Antonio Sala Directeur Exécutif du Financement de la banque Santander
Au-delà de la controverse sur les 37 milliards de francs CFA déjà versés, une autre question taraude l’opinion : où en est réellement le projet aujourd’hui, et qu’est-ce qui explique sa suspension prolongée ? José a apporté des éléments de réponse précis, non sans s’attaquer au ministère des finances et à la banque santander.
Des engagements « au-delà » des obligations contractuelles
Interrogé sur le montant global engagé par AEE Power EPC dans le projet, le dirigeant espagnol tient d’abord à distinguer les notions d’« engagé », de « décaissé » et de « dépensé ». Selon lui, le groupe totalise aujourd’hui plus de 40 millions de dollars d’engagements auprès de ses différents fournisseurs, pour des dépenses effectives encore supérieures. Un niveau qui dépasserait, assure-t-il, les strictes obligations contractuelles du groupe. « Nos obligations contractuelles ont été remplies jusqu’à présent à 100 % », martèle José Gonzales, tout en reconnaissant que le groupe reste dans l’attente de la contribution du gouvernement sénégalais pour relancer les chantiers.
Un an et demi de suspension et une décision de justice
Le dirigeant revient ensuite sur la chronologie récente du dossier. Le contrat aurait été suspendu pendant un an et demi, à la suite d’une résolution de l’ARCOP (Autorité de régulation des marchés publics) que la Cour suprême aurait par la suite jugée illégitime. Depuis, le gouvernement aurait accordé les exonérations administratives prévues par le contrat, et un budget aurait été voté à l’Assemblée nationale.
Dans le même sillage, il demande à Cheikh Diba de clarifier la disponibilité du financement. « Je pourrais, de façon légitime, demander où se trouve cet argent : dans quel compte du ministère des Finances, dans quel compte de la banque Santander ? », interroge-t-il, avant de préciser que le DG de l’ASER Jean Michel Sene a décidé de ne règler actuellement aucune facture sans précision expresse de la part du ministère des finances. Il tient toutefois à souligner qu’AEE Power n’a, à ce jour, ni résilié le contrat ni déposé de réclamation. Il attend que le ministère des finances joue franc jeu.
« Le gouvernement sénégalais doit prendre ses responsabilités »
Le projet, rappelle-t-il, a été approuvé sous l’ancien régime, suspendu par le nouveau, avant d’être audité puis validé comme prioritaire pour la République. Il aurait ainsi été « approuvé et audité par deux gouvernements, pas un seul ».
Le dirigeant espagnol insiste sur la dimension particulièrement sensible de ce type de projet : « Qui dit fort impact social dit aussi fort impact politique, et qui dit fort impact social et politique dit aussi fort impact médiatique. » Fort de quarante années d’expérience dans les infrastructures en Afrique, il affirme avoir déjà connu plusieurs changements de régime et appelle à ne pas s’alarmer face à ces turbulences, qu’il juge inhérentes à toute transition politique.
Un contrat antérieur à la direction actuelle de l’ASER
Enfin, José Gonzalez tient à clarifier la chronologie du dossier face aux interrogations récurrentes sur le rôle de l’actuelle direction de l’ASER. Il confirme que le contrat a été signé et les paiements effectués bien avant l’arrivée de l’actuel directeur général Jean Michel Sene à la tête de l’agence, écartant ainsi toute implication de la direction actuelle dans les origines du dossier.
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