La fièvre ludique gagne le Sénégal

Notre pays, le Sénégal se trouve à la croisée des chemins. Un phénomène social qui ne laisse personne indifférent le prouve amplement.

 Il s’agit des jeux de hasard: pari mutuel, pari sportif, dont la fulgurante poussée ne cesse d’émouvoir certains concitoyens depuis près de 50 ans.

De Diouloulou à Diourbel, du Cap-Skirring à Kaolack, de Saint-Louis à Sédhiou, la fièvre ludique gagne toutes les couches sociales ou presque.

La crise économique et sociale semble expliquer cette adhésion massive de la population qui trouve un bon dérivatif pour noyer ses problèmes quotidiens.

Aujourd’hui encore, les théories les plus fines n’ont pas encore réussies à expliquer, de manière satisfaisante, cette frénésie de nos compatriotes, à discuter vaillamment et avec intuition dans les bureaux, les transports, la rue, les maisons, de ce système.

Malgré leurs adhésions massives à l’islam et au christianisme, religions censées à priori être des remparts efficaces contre les jeux des hasards.

Les Sénégalais sont de grands parieurs devant l’éternel et des causeries religieuses sont même organisées pour tempérer l’ardeur des parieurs, car le virus est partout.

Que veut-on, quand la pauvreté est partout ?

Le fonctionnaire qui ne parvient pas à joindre les deux bouts est tenté par l’aventure du nouveau virus appelé: pari sportif.

Et voilà ! Ne dit-on pas, en effet, que pour dominer un peuple, il faut le faire rêver.

Voilà donc la sentence. La pudeur, cette notion clé de l’éducation d’antan fout le camp.

Personne,  personne ne se cache maintenant pour jouer ! Le seul moment où la discrétion semble être de rigueur c’est quand le parieur a gagné.

En ce moment tant souhaité, mais aussi redouté à la fois, pour ne pas avoir à partager avec la grande famille africaine, élargie.

De Fongolombi à Richard-Toll, on observe dès lors la stricte  discrétion.

De l’avis de beaucoup d’observateurs, les plus grands abonnés aux jeux de hasard restent sans conteste dans l’ordre les membres des forces de défense et de sécurité et les enseignants.

Une question reste donc cependant entière. Est-il raisonnable dans un pays à la lisière du quart-monde confronté aux énormes défis du développement que les gens s’adonnent tout le temps à étudier avec un  flegmatisme déconcertant des données censés leur ouvrir une fortune incertaine au risque de déserter pendant des heures leurs lieux de travail.

Il est  vrai que les autorités ont toujours laissé faire en y trouvant un bon exutoire canalisant les énergies débordantes des parieurs.

N’ouvre-t-on pas là aux jeunes, espoirs de demain, par cette solution de facilité la voie royale de la paresse légendaire, de la léthargie déconcertante, de la somnolence intellectuelle plutôt que celui de l’effort constant ?

Décidément comme disait l’autre : l’Afrique noire est mal partie.

Est-il possible de dire la même chose de notre pays ?

La question reste entière.

Check Also

Et ces cracks de l’ombre aussi brillants que Diary !

Surdouée, à haut potentiel, intellectuellement précoce, gifted… les superlatifs abondent pour qualifier Diary Sow, la …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Rewmi

GRATUIT
VOIR