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Situation sanitaire et sociale : le SUTSAS appelle Diomaye à « un véritable changement d’échelle »

 

Dans une lettre adressée au Président Diomaye Faye et datée du 15 août 2026, le Secrétaire général national du SUTSAS, par ailleurs président de l’ASAS And Gueusseum, Mballo Dia Thiam, dresse un diagnostic sévère du système sanitaire et social sénégalais. Il parle d’un « système à bout de souffle » et d’un « ciel du système sanitaire et social lourdement chargé ».

 

« Déliquescence avancée » et duplication institutionnelle dénoncées

 

Pour And Gueusseum, la crise actuelle est à la fois structurelle et conjoncturelle. Sur le plan structurel, le syndicat pointe du doigt le passage du ministère de la Santé et de l’Action sociale au ministère de la Santé et de l’Hygiène publique. Une réforme qui, selon la lettre, « souffre d’une contradiction fondamentale » car elle s’est traduite par « le démantèlement du département chargé de l’Action sociale », en dépit des recommandations des Assises de 2008 et de la Loi d’orientation sociale de 2010.

 

Le SG du SUTSAS déplore également l’éclatement des anciennes Directions régionales et la mise à mal des Centres de promotion et de réinsertion sociale, « aujourd’hui dépourvus de moyens humains, matériels et financiers suffisants ». Il évoque par ailleurs « une véritable duplication institutionnelle » avec d’autres dispositifs du Ministère de la Famille, « au détriment de la cohérence, de la lisibilité et de l’efficacité de l’action sociale ».

 

Sur le volet social, And Gueusseum relève que « environ 100 000 cartes d’égalité des chances » ont été délivrées pour une cible de « près de 3 millions de personnes ». La disparition des « bourses de sécurité familiale depuis près de deux années » a, selon le syndicat, « fait basculer de nombreux bénéficiaires dans des situations d’extrême pauvreté ».

 

Le financement, « le nœud du problème »

 

Le second axe de la lettre porte sur les moyens budgétaires. Avec « environ 3 % du budget national, soit près de 217 milliards de francs CFA sur un budget de 7 000 milliards », le Ministère de la Santé ne figure « pas parmi les dix départements ministériels disposant des budgets les plus importants ».

 

Pour Dr Mballo Dia Thiam, cette faiblesse rend difficile la mise en œuvre de la couverture sanitaire universelle et de la prévention. « On ne peut raisonnablement prétendre faire davantage avec un financement qui demeure aussi faible au regard de l’accroissement des besoins de la population », écrit-il. Il met en garde : « la construction ou la réhabilitation d’un établissement de santé » sans personnel, équipements et budget de fonctionnement risque de devenir « une coquille institutionnelle plutôt qu’un véritable instrument de santé publique ».

 

Un appel à l’action du Président Diomaye Faye

 

Malgré la reconnaissance « des efforts » de l’État, And Gueusseum estime que « le temps n’est plus aux simples annonces. Il est à la cohérence entre les ambitions, les moyens et les résultats ». Le syndicat appelle donc à « un véritable changement d’échelle dans les investissements consacrés à la santé et à l’action sociale ».

 

« Les populations ont besoin de résultats concrets. Les professionnels ont besoin de conditions de travail dignes. Et le système sanitaire et social a besoin d’un financement à la hauteur de ses missions », conclut la lettre. Pour le SUTSAS, « il est temps d’agir. Pour la santé, pour l’action sociale, pour les travailleurs et pour les populations ».

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