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Thialé Flamm-J : «Le rap d’aujourd’hui ressemble plus à de la tendance»

Si ce n’est un nom très connu de la lande du rap Galsen, Thialé Flamm J n’en est pas moins un personnage fascinant. Et pour cause, sa vélocité de dribbleur footeux l’a certainement sorti des radars de nos critiques culturelles car, à l’écouter, la suite dans ses idées de vie comme d’art fait de lui un des rappeurs les plus cultivés de la galsenie. Courage des opinions, éclectisme des thématiques, Thialé Flamm J est d’une modernité bluffante dans son abord de l’environnement socioculturel du pays et du rôle de ses pairs qu’il ne limite pas tout politique. Ecoutez son bruit, il est loin de déranger, il instruit en distrayant.

Musique…  

 

Parlez-nous de vos débuts dans le rap ?

 

C’était en 1993, j’étais fan d’un célèbre groupe de rap qui de Thiaroye. C’est de là que j’ai commencé à produire des textes, je ne rappais pas encore. A force de suivre les prestations de ce groupe, j’ai eu envie de m’y mettre et je me suis lancé.

 

D’où vient votre nom d’artiste, Thialé Flamm J ? 

 

Plus jeune, je jouais bien au football. Très rapide, on m’a surnommé Thialé, du nom d’un reptile qui m’a suivi. Sinon, les gens m’appellent aussi  L.G  ou le griot, je suis issu d’une famille griotte.

 

Pourquoi avoir dissout Flamm J ? 

Flamm J, c’est une philosophie, nous nous étions tous mis d’accord qu’après 4 albums, chacun irait de son côté. Le hip-hop est très large, on peut faire beaucoup de choses avec. Mais nous nous retrouverons pour faire notre dernier album et ensuite chacun retournera à ses projets.

 

Que sont devenus les autres membres du groupe ? 

 

Nous étions 5 à former  Flamm J en 1996. L’un est allé s’installer au Gabon, un autre a quitté. Par la suite, il ne restait que deux autres et moi. Nous avons cheminé ensemble jusqu’en 2011, l’année où nous avons sorti notre dernier album. Puis nos chemins se sont séparés, chacun est allé de son côté, nous sommes tous devenus des entrepreneurs culturels. Sinon nous avons toujours de bons rapports et nous projetons de sortir un tout dernier album.

 

Après autant d’albums et de featuring à votre actif, quelle lecture faites-vous du rap galsen ?

 

Le rap aujourd’hui est différent. Avant, nous sentions beaucoup plus l’engagement, à travers les textes, nous faisions passer des messages, nous nous battions pour des causes, c’était revendicatif. Aujourd’hui, cela ressemble plus à de la « tendance ». Ces jeunes rappeurs ne sont plus engagés, mais côté business, ils s’en sortent plutôt bien. Par contre, les gens ne devraient pas oublier que le hip-hop est un mouvement social.

 

Vous êtes l’un des initiateurs du projet « Au secours », existe-t-il toujours ?

 

Malheureusement non ! L’objectif de ce projet c’était de faire en sorte qu’il n’y ait plus de problèmes d’inondations à Djiddah Thiaroye Kaw et je pense que nous l’avions plutôt réussi. De nombreux travaux ont été initiés par l’Etat du Sénégal, dont le projet sur la gestion des eaux pluviales. Il y a toujours des inondations, mais plus comme avant et c’est grâce au Projet Au Secours.

Quel rôle les rappeurs peuvent jouer pour un changement des mentalités ?

 

Le hip-hop est un mouvement social et  les rappeurs sont de nature très proches de la société. A travers la musique et l’activisme, nous pouvons changer les mentalités. Après, il faut savoir qu’il n’y a pas que l’activisme politique, il y a celui dit social. Je donne l’exemple de Dip Doundou Guiss, parti de rien et qui s’est fait tout seul. Des rappeurs initient des projets pour changer leur environnement (il donne l’exemple de son projet Au secours). Les rappeurs, à travers leurs messages, impactent le comportement de leurs fans. Pour la petite histoire, un jour, nous étions en concert à Thiossane et avions joué Koumpa. A la fin, un monsieur est venu à notre rencontre et nous a dit qu’il avait été touché par les paroles de la chanson à tel point qu’il ne pouvait plus boire une seule goutte d’alcool. C’est dire combien il importe de bien choisir ses textes.

 

Vous êtes toujours membre du mouvement Y en a marre ? 

 

Non, hélas ! Je ne suis plus membre de ce mouvement depuis l’année 2012. J’ai décidé de me retirer, nous n’avons plus les mêmes idéologies, n’empêche, nous sommes en bons termes.

 

Vous venez de sortir « Injustice », quel est le message de ce nouvel album ? 

Disons que c’est une façon de participer au débat qui se tient actuellement au Sénégal, sur la justice et l’injustice. C’est un sujet qui, avant que je n’en parle, avait déjà été posé par les acteurs de la justice. Il y a pleins d’événements qui méritent d’être jugés et qui, jusque-là, ne le sont pas. Beaucoup de ces facteurs m’ont poussé à reposer le débat. Quoi qu’on puisse dire, la justice est le socle qui maintient le peuple, s’il s’écroule, le peuple s’écroule avec. Personne ne devrait jouer avec.

Quel est votre pire souvenir ? 

Mon pire souvenir, c’est quand on m’a taxé de casté. J’étais dans une relation sérieuse avec une fille, au moment où j’ai voulu lui passer la bague au doigt, sa mère a catégoriquement refusé, sous prétexte que nous n’appartenons pas à la même catégorie sociale. Je me suis senti très mal. Les gens ne devraient pas se haïr pour ça, c’est pitoyable. Sinon la disparition de mon cher père m’a énormément marqué. Mais quand j’y pense aujourd’hui, je suis plutôt soulagée, parce que de là où il est, je sais qu’il va bien et qu’il est en paix.

 

Quels sont vos projets ? 

J’en ai des tonnes, actuellement je travaille sur un projet portant sur l’entrepreneuriat des cultures urbaines. Je suis en train de faire la promotion de mon nouvel album. J’ai aussi comme projet de mettre sur pied un énorme studio musical à Djiddah Thiaroye Kaw, afin de venir en aide  aux jeunes de cette localité qui, jusque-là, n’ont cessé de me soutenir. D’ailleurs, c’est presque à terme et s’il plaît à Dieu, il sera réalisé d’ici au mois de Décembre avec l’aide du fonds de développement des cultures urbaines, mais également d’autres partenaires.

ANNA THIAW

 

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