Dans cet entretien, Matar Ndaw, directeur général de l’Agence nationale de l’état civil (ANEC) et membre de la nouvelle formation politique « Kiray, les Patriotes Républicains », revient sur la recomposition du paysage politique sénégalais marquée par l’officialisation de son parti par le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye. Il exprime son soutien indéfectible au chef de l’État, aborde les enjeux des prochaines élections locales, et partage ses ambitions politiques pour la commune de Gandiaye . Enfin, il fait le point sur le grand chantier de la numérisation de l’état civil au Sénégal, révélant les avancées et les défis structurels de sa mission.
En effet,l’officialisation de la création du parti « Kiray, les Patriotes Républicains » par le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye marque un tournant dans la configuration politique sénégalaise. Pour Matar Ndao , les termes fondateurs de cette formation portent une signification profonde. Le patriotisme y est défini comme le don de soi au service de son pays et de son peuple, sans rien attendre en retour. Le statut de républicain, quant à lui, implique une soumission stricte aux lois et aux institutions qui régissent la République.
Interrogé sur une potentielle rupture idéologique irréversible avec le Pastef d’Ousmane Sonko, Matar Ndao temporise. S’il refuse de parler de rupture totale, constatant qu’en politique « il ne faut jamais dire jamais », il note l’émergence claire de deux partis politiques distincts et structurés, redéfinissant les rapports de force.
Un soutien réaffirmé au président de la République
Justifiant son engagement aux côtés du président Bassirou Diomaye Diakhar Faye, Matar Ndao décrit un homme qu’il connaît de longue date, louant sa constance, son honnêteté et sa loyauté, restées inchangées depuis son accession à la magistrature suprême. Au-delà des relations personnelles, il rappelle qu’en tant que haut cadre, il est naturel d’épouser la vision du chef de l’État pour l’accompagner dans la mise en œuvre de ses projets, notamment la vision stratégique Sénégal 2050.
Concernant les piques indirectes lancées par le chef de l’État à la classe politique lors de son discours à Dakar, le directeur général de l’ANEC préfère y voir un usage de proverbes et d’expressions ancrés dans la tradition sereer, plutôt qu’une volonté d’attaquer frontalement ses adversaires.
Face aux déclarations catégoriques d’Ousmane Sonko rejetant tout report des prochaines élections locales, Matar Ndaw rappelle que le cadre légal prévaut. La loi autorise le président de la République à organiser le scrutin dans l’année précédant la fin du mandat des élus locaux, ce qui ouvre une fenêtre entre janvier et décembre 2027 sans consultation obligatoire de l’Assemblée nationale. Il se dit convaincu que les Sénégalais sont prêts à aller aux urnes pour renouveler leurs instances locales.
Sur le plan personnel, Matar Ndaw ne cache plus ses ambitions pour la commune de Gandiaye , où il multiplie les actions de terrain. Impliqué dans la vie politique locale depuis 2009 et fort d’une connaissance approfondie des archives et des réalités de cette collectivité, il confirme sa volonté d’être candidat aux prochaines élections afin de mieux servir les populations. Il détaille à ce titre un programme riche pour le mois d’août, comprenant des consultations médicales gratuites les 8 et 9 août avec la participation de 20 professionnels de santé, suivies de la finale d’un tournoi de football le 15 août, avant le lancement d’un programme de formation à l’autonomisation des femmes et des jeunes.
Sur sa gestion de l’Agence nationale de l’état civil, Matar Ndao dresse un bilan lucide et sans complaisance. Après avoir parcouru le pays pour auditer la situation, il contredit les chiffres optimistes avancés par le passé. Actuellement, le registre national compte un peu plus de 15 millions d’actes numérisés, ce qui représente moins de la moitié du stock de documents papier existants.
En revanche, la dématérialisation et le déploiement du logiciel applicatif dans les 629 centres d’état civil du pays progressent de manière satisfaisante, atteignant un taux de 72 %. Les opérations se poursuivent avec le déploiement simultané dans les régions de Louga, Fatick et Diourbel, avant de s’étendre à Kaolack, Kaffrine et Tambacounda.
Malgré des ressources limitées face à l’immensité de la tâche, l’agence s’appuie sur un plan de remédiation et répond aux directives du président de la République, qui a ordonné l’élaboration d’un plan d’urgence national et la tenue de consultations nationales pour renforcer les moyens financiers et techniques de cette administration transversale.
Rewmi.com L'Equilibre notre Crédo
