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Face aux difficultés économiques : la Diomaye Formula Par Thierno Birahim Ndiaye, Coordonateur Kiraay Grand Dakar

Face aux difficultés économiques : la Diomaye Formula

Par Thierno Birahim Ndiaye, Coordonateur Kiraay Grand Dakar

En politique, on parle beaucoup de confiance. Mais la confiance d’un État se mesure aussi à des réalités très concrètes : sa capacité à mobiliser des financements, à honorer ses engagements, à dialoguer avec ses partenaires, à attirer des investisseurs et, surtout, à transformer ses ressources en activité économique, en emplois et en perspectives pour les citoyens.

Depuis quelques mois, le Sénégal entre dans une nouvelle étape. Sous l’impulsion du Président Bassirou Diomaye Faye, avec un Gouvernement désormais dirigé par le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo, l’action publique entre dans une phase où la priorité est de consolider les fondations économiques et financières du pays tout en accélérant l’exécution des politiques publiques.

La Déclaration de politique générale du Premier ministre a donné un cadre à cette nouvelle étape. Le Président de la République a, de son côté, rappelé la nécessité d’accélérer l’exécution des réformes et des engagements du Gouvernement. Les signaux économiques et financiers qui apparaissent doivent donc être regardés avec sérieux : nouveaux financements de la Banque mondiale, règlement annoncé d’une partie des créances dues aux entreprises, avancée des discussions avec le FMI, traitement de la dette et regain d’intérêt pour le potentiel énergétique du Sénégal.

Il faut naturellement garder la tête froide. Tout ce qui se passe aujourd’hui n’est pas né en quelques semaines. Certains processus étaient déjà engagés avant le changement de Gouvernement. Mais cette réalité ne doit pas nous empêcher de constater qu’une nouvelle étape politique est désormais engagée.

Le Président donne le cap, le Gouvernement doit produire les résultats

Le Président Bassirou Diomaye Faye a fait du redressement de l’État, de la transformation économique et de la souveraineté nationale des axes majeurs de son mandat.

Avec la nomination d’Ahmadou Al Aminou Lo à la Primature, le Chef de l’État a confié la conduite du Gouvernement à un profil fortement ancré dans les questions économiques, monétaires et financières. Cette nouvelle configuration donne une responsabilité particulière au Gouvernement : transformer les orientations en décisions, les décisions en réalisations et les réalisations en résultats visibles.

C’est tout le sens de la nouvelle étape qui s’ouvre. Un État ne se transforme pas uniquement par les textes qu’il adopte ou les programmes qu’il annonce. Il se transforme lorsque les décisions publiques deviennent des emplois, des entreprises plus solides, une énergie moins coûteuse, des services publics plus efficaces et de nouvelles opportunités pour les jeunes.

Des moyens nouveaux pour relancer l’économie

Le 5 août, le Sénégal a signé avec la Banque mondiale trois accords de financement représentant 220,71 milliards de francs CFA. Ces ressources concernent notamment les situations d’urgence, la connectivité des zones de production agricole et le développement économique de la Casamance et de l’Est du pays.

Autre élément important : l’annonce de la mobilisation de 300 milliards de francs CFA pour régler des créances dues aux entreprises.

Il ne s’agit pas d’un nouveau prêt, mais du règlement d’engagements de l’État envers le secteur privé. Derrière une créance publique, il y a souvent une entreprise qui attend son paiement, des salariés, des fournisseurs et des investissements retardés. Lorsque l’État paie ce qu’il doit, il remet de la liquidité dans le circuit économique.

La crédibilité financière de l’État se mesure donc aussi à sa capacité à respecter sa signature.

Le FMI et la confiance à reconstruire

Le 1er septembre, les services du FMI et les autorités sénégalaises sont parvenus à un accord au niveau des services sur un nouveau programme de 36 mois, pour environ 2,2 milliards de dollars, soit près de 1 243 milliards de francs CFA. Cet accord reste soumis à l’approbation des instances compétentes du Fonds et à la réalisation de plusieurs conditions. Il ne s’agit donc pas encore de financements déjà décaissés. (IMF)

Mais cette étape traduit la reprise d’un dialogue financier structuré autour de la stabilité macroéconomique, de la viabilité de la dette, de la transparence budgétaire et du développement du secteur privé. Le Président Diomaye Faye a lui-même poursuivi ce dialogue au plus haut niveau lors de sa récente rencontre avec la direction du FMI.

Le Gouvernement a également lancé le Plan de Traitement de la Dette du Sénégal, avec l’objectif de restaurer durablement le profil de la dette et de dégager progressivement des marges de manœuvre pour financer les investissements prioritaires. (Primature Sénégal)

La dette reste notre grande équation

Il serait toutefois prématuré de considérer que les difficultés financières du Sénégal sont derrière nous.

Le FMI rappelle que le Sénégal a enregistré une croissance réelle de 6,7 % en 2025, portée notamment par la première année complète de production pétrolière. Mais le PIB hors hydrocarbures n’a progressé que de 2,2 %. Au premier trimestre 2026, cette croissance hors hydrocarbures a toutefois rebondi à 4,7 % sur un an. (IMF)

Ces chiffres doivent donc être lus avec lucidité. La croissance est réelle, mais le défi consiste désormais à la rendre plus largement productive, créatrice d’emplois et perceptible dans la vie quotidienne des Sénégalais.

La nouvelle équipe doit consolider cette trajectoire, traiter la dette et les arriérés, restaurer les marges budgétaires et créer les conditions d’une croissance plus durable.

C’est là que se mesurera la crédibilité de la nouvelle étape : dans la capacité à transformer l’assainissement financier en investissement, l’investissement en activité et l’activité en emplois.

Ressources naturelles et souveraineté énergétique

Le 15 septembre, le Sénégal et le groupe italien Eni ont signé un protocole d’accord portant sur l’évaluation du potentiel pétrolier et gazier de cinq blocs offshore.

Il faut rester précis : ce n’est ni une découverte annoncée, ni un contrat de production, ni une recette immédiate pour l’État. C’est une phase d’évaluation et d’exploration.

Mais dans un pays qui veut mieux maîtriser ses ressources naturelles, attirer les investissements et renforcer sa souveraineté énergétique, cette démarche mérite d’être suivie avec attention.

Notre ambition ne peut pas être simplement de produire du pétrole et du gaz. Elle doit être de transformer nos ressources en énergie accessible, en infrastructures, en emplois, en industrie et en valeur durable pour l’économie nationale.

Le véritable test sera la vie des Sénégalais

Les Sénégalais ne vivent pas dans les tableaux du FMI ou de la Banque mondiale. Ils vivent dans les entreprises, les quartiers, les exploitations agricoles, les marchés et les familles.

Une entreprise attend son paiement. Un jeune cherche un emploi. Un agriculteur veut accéder aux marchés. Un entrepreneur cherche un financement. Une famille veut pouvoir supporter ses dépenses essentielles.

La réussite de la nouvelle étape engagée par le Président Bassirou Diomaye Faye et mise en œuvre par le Gouvernement d’Ahmadou Al Aminou Lo se mesurera donc à la capacité de transformer la stabilisation financière en activité économique et cette activité en amélioration concrète des conditions de vie.

C’est pourquoi l’exécution doit désormais être au cœur de l’action publique. Le Président de la République l’a lui-même rappelé : le Gouvernement doit être un Gouvernement d’actions, de réalisations et de résultats, avec une attention particulière portée au pouvoir d’achat et à la lutte contre la cherté de la vie. (APS – Agence de Presse Sénégalaise)

Kiraay, l’engagement au service de cette étape

C’est aussi dans cette perspective que je place mon engagement au sein de Kiraay.

Kiraay n’a pas vocation à être un simple espace de soutien politique. Notre responsabilité est de participer à la construction d’une majorité consciente des enjeux, présente dans les territoires et capable de porter les ambitions du Président de la République au plus près des citoyens.

Notre devise, Jëf Jotna, résume une conviction simple : la politique doit finalement se juger à l’aune de l’action.

Soutenir le Président Bassirou Diomaye Faye, c’est accompagner les politiques qui vont dans le sens de la transformation du Sénégal, avec une exigence de résultats. Soutenir le Gouvernement d’Ahmadou Al Aminou Lo, c’est souhaiter qu’il réussisse dans sa mission, parce que la réussite de l’action gouvernementale est d’abord celle du pays.

Notre rôle, à Kiraay, est d’être dans cette dynamique avec responsabilité, loyauté et exigence, en restant connectés aux réalités du terrain et aux préoccupations de nos concitoyens.

Les portes s’ouvrent. À nous de construire.

Les 220,71 milliards de la Banque mondiale, les 300 milliards destinés au règlement des créances des entreprises, l’accord conclu au niveau des services avec le FMI, le Plan de Traitement de la Dette et l’intérêt renouvelé d’acteurs internationaux pour notre potentiel énergétique ne constituent pas encore un bilan économique complet.

Ils constituent des points d’appui.

Je préfère donc parler d’une nouvelle étape plutôt que d’une victoire.

Le Président de la République a fixé une orientation. Le Gouvernement doit désormais produire des résultats. Et nous, acteurs politiques engagés au sein de Kiraay, avons le devoir d’accompagner cette dynamique, de la relayer dans les territoires et de contribuer à faire de la transformation du Sénégal une réalité vécue par les citoyens.

Le financement doit devenir investissement. L’investissement doit devenir emploi. Nos ressources doivent devenir souveraineté. La stabilité financière doit devenir prospérité.

Le Sénégal change de tempo. Le cap est fixé. Le Gouvernement est à l’œuvre. À nous, maintenant, de construire.

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