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palais de justice pikine guediawaye tribunal

Une affaire de proxénétisme et sorcellerie devant la justice

C’est une affaire de traite d’êtres humains aux contours effroyables qui a atterri au tribunal de Pikine-Guédiawaye. Jessica Onyinyechi Dominic, une ressortissante nigériane établie à Yeumbeul, a été déférée au parquet. Elle est accusée d’avoir orchestré un réseau de prostitution sous couvert de restauration, maintenant ses victimes sous une emprise mystique et une dette fictive de 3 millions de FCFA.

L’histoire commence par une fuite éperdue. Le 28 janvier dernier, deux silhouettes hagardes errent aux abords du commissariat de Kédougou. Jennifer et Chinaza, deux jeunes Nigérianes, viennent de briser leurs chaînes. Une source anonyme, flairant le drame, alerte l’antenne régionale de la Division de lutte contre le trafic de migrants et les pratiques assimilées (DNLT). Ce que les enquêteurs vont découvrir dépasse l’entendement : un récit de promesses fallacieuses, de sang prélevé et de menaces occultes.

Le «Joujou» pour ferrer les victimes 

Le contact entre les protagonistes de cette histoire commence au Nigéria. Jessica Onyinyechi Dominic et sa complice, une certaine Natacha (actuellement en fuite), font miroiter à Jennifer et Chinaza un avenir radieux au Sénégal. Un emploi «digne» dans la restauration est promis. Mais une fois la frontière franchie, le rêve vire au cauchemar. À Bakel puis à Yeumbeul, les tabliers de serveuses sont remplacés par le trottoir. Le mode opératoire est classique, mais terrifiant. Pour s’assurer de leur silence et de leur fidélité, les victimes auraient été soumises à un rituel mystique à leur arrivée. Selon leurs dépositions face aux gendarmes enquêteurs, leurs pubis et leurs aisselles auraient été rasés, et quelques gouttes de leur sang prélevées pour être conservées dans un bocal. Un pacte scellé dans l’ombre du «Joujou» (pratiques mystiques nigérianes), destiné à lier leur sort à celui de leur «patronne».

3 millions de FCFA, le prix de la liberté

Pour Jessica, la liberté a un prix, et il est exorbitant. Elle réclame à chacune la somme de 3 millions de FCFA, censée couvrir les frais de voyage. Une dette fictive que les filles doivent rembourser en vendant leur corps. Jour après jour, chaque billet empoché finit dans la pochette de la dame de Yeumbeul. Chinaza aurait ainsi déjà versé 415 000 FCFA, tandis que Jennifer, « gérée » pour le compte de Natacha, aurait transmis 315 000 FCFA.

Chantage aux photos mystiques


Face aux enquêteurs de la DNLT, Jessica Onyinyechi Dominic joue la carte de la victime. Elle nie en bloc le proxénétisme et jure qu’elle ne voulait que des serveuses pour son restaurant. Pourtant, acculée par les preuves, elle finit par lâcher une confidence glaçante. Elle admet avoir envoyé aux filles des photos d’elles exposées dans un lieu mystique via WhatsApp. Son explication ? «C’était pour leur faire peur, pour qu’elles reviennent travailler et me remboursent mes 700 000 FCFA de frais de voyage. » Un argument qui n’a pas convaincu les hommes en bleu. Si Natacha court toujours, Jessica, elle, dort désormais en prison en attendant de répondre de ses actes devant le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Pikine-Guédiawaye. Elle est poursuivie pour traite des personnes par exploitation sexuelle et proxénétisme. L’enquête se poursuit pour débusquer les autres ramifications de ce réseau qui transforme la détresse de jeunes filles en fonds de commerce.

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