Dans un monde en proie à des vents contraires, le Sénégal, entre opportunités et défis, trace au président Bassirou Diomaye Faye un avenir largement tributaire de son aptitude à acter une « rupture » économique, sociale et institutionnelle.
Fort d’une légitimité populaire avec son sacre dès le premier tour du scrutin présidentiel de 2024, par un jeune électorat qui, déterminé au changement, lui a assuré une confortable majorité parlementaire pour adopter des réformes institutionnelles, le gouvernement du président Diomaye qui a engagé audits des finances publiques, rénovation de la gouvernance et renforcement de la transparence, n’est pas pour autant épargné de défis pluriels.
En effet, ce confort électif achoppe sur un obstacle économique, avec une dette publique élevée, un chômage d’autant plus inquiétant qu’il prolifère chez les jeunes (principaux acteurs du sacre de ce nouveau pouvoir) et à des soucis budgétaires qui limitent la marge de manœuvre de l’État. Ces impairs, face aux exigences populaires arrimées sur les promesses mirobolantes de Diomaye et au coût onéreux de la vie, restent une préoccupation économique.
Et la contrainte économique ayant toujours des répercussions politiques, le pouvoir se trouve obligé de préserver sa cohésion interne.
Un chantier périlleux au vu de la
trajectoire scissionniste prise par l’entente qui, à la tête de l’Etat, avait élu une gémellité dirigeante et qui, au bout de deux ans d’exercice, a accouché d’une dualité entre des leaderships exécutif et législatif, institutionnellement incompatibles dans la répartition des pouvoirs et l’organisation de la gouvernance étatique.
Cette rivalité, naguère crainte et souventes fois niée impose au président Diomaye trois scénarios, dont le plus optimiste lui ferait réaliser de rapides résultats issues de hardies réformes économiques, une bonne gestion des recettes issues des ressources naturelles en plus d’une résorption du chômage et d’une reconquête de la confiance des investisseurs. Face à cet optimisme loin d’être utopique, un autre scénario plus pessimiste avec une exacerbation des crises politico-économiques et des tensions sociales qui affaibliront le pouvoir. Et entre ces deux extrêmes, le scénario plus probable á court terme, avec des réformes avançant au ralenti, couplées à la persistance des difficultés économiques et des exigences de l’opinion publique.
Ainsi apparaît-il que l’avenir de Bassirou Diomaye Faye, plus tributaire de sa capacité à améliorer les conditions de vie des Sénégalais, maintenir la stabilité institutionnelle et conduire les réformes promises, que de son capital politique initial, ne livre aucune certitude sur l’issue de son mandat à la tête d’un pays oscillant entre potentialités avérées et déterminisme politico-économique.
El Souleymane Diop
Expert en communication et en intelligence territoriale
Email : sjdiop2003@gmail.com
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