L’Afrique ne pourra pas financer durablement sa transformation sans mieux protéger les ressources générées par ses propres économies. C’est le message central porté mercredi à Dakar par le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, à l’ouverture de la 14e Conférence panafricaine sur les flux financiers illicites et la fiscalité.
Présidée par le Sénégal autour du thème « Faire progresser un programme transformateur de justice fiscale pour l’Afrique », la rencontre réunit jusqu’au 2 octobre des représentants d’institutions africaines et internationales, des administrations fiscales, de la société civile, du monde académique et du secteur privé. Pour le ministre, l’enjeu dépasse désormais la seule mobilisation des recettes fiscales : il s’agit de faire de la fiscalité un levier de « justice sociale, de souveraineté économique et de transformation structurelle ».
Cheikh Diba a souligné la pression croissante qui pèse sur les finances publiques africaines. Les besoins de financement restent importants dans des secteurs comme l’éducation, la santé, la protection sociale, les infrastructures, l’emploi des jeunes, la sécurité alimentaire ou encore l’adaptation au changement climatique, alors que les marges budgétaires se réduisent sous l’effet des crises successives, de l’endettement et du coût élevé des financements.
Dans ce contexte, il estime qu’une partie de la réponse réside dans la capacité des États à « mieux mobiliser, protéger et orienter les ressources générées par nos propres économies ». Le ministre a notamment cité la fraude et l’évasion fiscales, la manipulation des prix de transfert, la fausse facturation commerciale, le transfert artificiel de bénéfices et le recours à des juridictions opaques parmi les mécanismes par lesquels des capitaux quittent illicitement le continent.
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