Une nouvelle voix s’élève dans l’affaire Softcare, celle du ministre du Commerce et de l’Industrie, Serigne Guèye Diop qui appelle à “calmer le jeu”.
Dans le tumulte né de l’affaire Softcare, des prises parole suspectes avaient visiblement voulu aller plus vite que le résultat des rapports attendus. Une telle frénésie ignorait le fait qu’une mission conjointe, composée d’experts du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, du ministère du Commerce et d’un représentant de l’Assemblée nationale, avait déjà entamé ses travaux d’investigation au sein de Softcare, une entreprise spécialisée dans la fabrication de couches pour bébés et de serviettes hygiéniques, selon des sources officielles.
“L’enquête sur cette affaire a débuté le 19 décembre 2025 avec l’intervention de l’Inspection interne du ministère de la Santé. En parallèle, la procédure de la mission conjointe a été lancée.
Cette mission conjointe, composée d’experts du ministère de la Santé, du ministère chargé du Commerce et de l’Assemblée nationale, a entamé ses travaux d’investigation le mercredi 7 janvier 2026”, précisait le communiqué publié par le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique.
Le document indiquait en outre que, faisant suite à son communiqué du 18 décembre 2025, le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, conformément à son engagement, informe le public que “la mission conjointe d’enquête annoncée dans le cadre de l’inspection de l’entreprise Softcare par l’ARP est actuellement en cours”.
Le ministère de la Santé réitère son engagement à revenir vers le public avec des informations précises, vérifiées et conformes à la réalité dès que la mission aura soumis son rapport, appelant l’ensemble de la population à garder son calme et réaffirmant son attachement à la sécurité sanitaire et au respect de la réglementation en vigueur.
Cette position a été réaffirmée par le ministre du Commerce et de l’Industrie. Invité de l’émission matinale de la radio RFM (chaîne privée), Serigne Guèye Diop s’est fait clair : “Le ministère de l’Industrie n’était pas impliqué au départ. Et vous savez que nous avons la charge et la responsabilité de ce qui relève du contrôle commercial. Par contre, nous avons reçu, il y a quelques semaines, un courrier du ministère de la Santé”, annonce-t-il. “Au moment où je vous parle, il y a une commission comprenant des commissaires au Contrôle économique et le ministère de la Santé. En pareille circonstance, il faut faire preuve de sérénité. Il ne faut pas tout de suite procéder à la fermeture de Softcare. La démarche idoine est de chercher à savoir les tenants et les aboutissants de l’affaire”, tempère le ministre Diop, s’alignant sur la position et l’appel toujours défendus par Softcare.
“Certes, personne n’a le droit d’utiliser une matière périmée. Mais dans une usine, on peut trouver des matières éliminées. Quand j’étais directeur d’usine, il y avait un endroit où on rangeait les matières premières éliminées. On prenait alors soin de bien mentionner que ces matières premières ne peuvent entrer ni dans la production alimentaire, ni dans la production industrielle”, concède le ministre du Commerce. Il reconnaît, par ailleurs, que “cela ne peut être un motif suffisant pour fermer ou ouvrir l’usine. Il faut protéger l’industrie. On ne peut sur cette base de l’existence de ces matières décider de fermer une usine”.
Pour le ministre Serigne Guèye Diop, la position de son ministère est sans équivoque : “En tout état de cause, on veut savoir ce qui s’est passé. Nos services sont déjà engagés dans cette investigation”. Toujours au cours de la même émission “Matinale” sur la RFM, Serigne Guèye Diop demande de “calmer le jeu le temps qu’on soit édifié sur ce qui s’est passé. ”.
En raison de la sensibilité de la question, Serigne Guèye Diop rappelle que “l’industrie est sacrée et qu’on ne peut vouloir attirer des industriels et vouloir au moindre incident chercher à fermer une usine. Il faut de toute manière contrôler, protéger l’industrie et le consommateur. Cette mission relève de nos compétences. C’est ce que nous sommes en train de faire avec le ministère de la Santé. L’Etat n’est pas de l’émotion”.
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