Ils se comptent sur le bout des doigts. Mais leur rébellion n’en est pas moins très remarquée : Mame Boye Diao, Aly Ngouye Ndiaye et Boun Abdallah Dionne ont décidé de se démarquer du choix fait sur Amadou Bâ d’être le candidat de la coalition Benno Bokk Yakaar. Ils ont donc la particularité de ne s’être jamais rebellés contre leur mentor Macky Sall.
Excepté l’ancien Pm Boun Abdallah, absent de la gestion des affaires depuis quelques années et entré en hibernation politique, les deux autres ont partagé le bilan jusqu’à la fin. Y compris au niveau de postes de responsabilité assez importants. Surtout Aly Ngouye Ndiaye. Ce dernier a été ministre de l’Intérieur avant d’être celui de l’Agriculture et de l’équipement rural. Ils ont tous, à des degrés sensiblement différents, de fervents défenseurs publics des orientations définies par le Chef de l’Etat et ont été artisans de sa mise en œuvre.
Parfois même avec excès de zèle. Donc, ils ont une position assez délicate car ils seront difficilement perçus comme des opposants. Or, ils ne se considèrent plus comme des alliés. Cette position hybride n’augure rien de bon pour eux. Car, ceux qui, parmi eux, n’auront pas une base très solide auront du mal à mobiliser. Or, même à Linguère, on aura vu le nombre de maires qui ont pris leur distance envers Aly Ngouye Ndiaye.
Cette nouvelle race d’hommes politiques de ‘’ni-alliés-ni-opposants’’ aura un problème de discours cohérent et partant, de crédibilité. Car, à dire vrai, c’étaient tous des candidats à la candidature. Ce qui signifie qu’ils savaient qu’ils pouvaient ne pas être choisis parce que tout simplement tout le monde ne pouvait pas l’être. Donc, logiquement, les perdants, comme dans tous les jeux, devraient pouvoir se ranger en acceptant la situation. Mieux, celui qui a été choisi devra se soumettre à une charte. Il s’est d’ailleurs engagé à poursuivre l’esprit du dialogue national, du ‘’gagner ensemble, gouverner ensemble’’ sous le contrôle et la supervision d’un Comité. Cela dit, les rebelles n’ont aucune raison objective de se démarquer de cette façon car ils ne peuvent pas ignorer qu’ils sont en train de fragiliser leur camp et donc de renforcer l’adversaire. C’est pourquoi, le fait pour eux de quitter le navire aussi tardivement, peut être mal perçu par l’opinion. Mais, le mal est déjà fait.
Et il faudra comptabiliser cette rébellion, comme un point faible dans le bilan de la coalition au pouvoir qui renvoie également une très mauvaise image. C’est dire que ni Benno ni les rebelles ne vont en tirer des dividendes. Comme quoi, ça été une mauvaise démarche, à tous les niveaux. Car, ceux qui l’avaient fait dans le passé, comme Landing Savané n’en avaient pas tiré de grands profits. Cela peut même être le début d’une certaine déchéance politique. Car, pour être crédible, il faut savoir quitter très tôt le navire et assumer.
Assane Samb
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