L’école n’est plus une citadelle fermée où les programmes se décident entre quatre murs, loin du craquement de la craie et du tumulte des cours de récréation. En lançant le dispositif « La Voix de l’École » lors de la cérémonie de lancement ce Mercredi 15 janvier, le ministère de l’Éducation nationale a posé un acte politique et humain majeur : celui de rendre aux Sénégalais la maîtrise de leur destin éducatif.
Pendant des décennies, le sentiment d’une école déconnectée de ses réalités a nourri bien des frustrations. Aujourd’hui, la méthode change. Il ne s’agit plus de consulter pour la forme, mais de bâtir un système où la parole de l’instituteur de Podor, l’attente d’un parent d’élève à Ziguinchor ou l’expérience d’un maître de daara trouvent une résonance directe dans la stratégie nationale. Cette « remontée du sens », voulue par les autorités, transforme chaque citoyen en architecte de la refondation curriculaire.
L’innovation est ici profonde car elle réconcilie des mondes que l’on a trop souvent opposés. D’un côté, la science et l’exigence institutionnelle fixent le cap et la rigueur ; de l’autre, l’écoute vient insuffler la vie et la pertinence. En acceptant de recueillir les témoignages sur le vécu des langues nationales, sur l’inclusion des daaras ou sur l’adaptation des savoirs aux enjeux du siècle, l’État fait preuve d’une humilité stratégique : il reconnaît que la vérité de l’école se trouve d’abord dans ceux qui la font vibrer au quotidien.
Ce projet de « La Voix de l’École » porte en lui une promesse de justice. Celle d’une école qui ne laisse personne sur le bord du chemin et qui puise sa force dans sa diversité. C’est un appel vibrant à la mobilisation générale : parents, enseignants, élèves et leaders communautaires sont invités à prendre la parole. Car en définitive, redessiner l’école, c’est définir quel visage nous voulons donner au Sénégal de demain. La plume est désormais entre les mains de la Nation.
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